-63%
Le deal à ne pas rater :
Aspirateur balai sans fil Xiaomi Dreame V10 2-en-1
219 € 599 €
Voir le deal

Partagez
 

 Let me be the one that got away | Lish

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 22:35

Ailish Eibhleann Moore
ft Luanna Perez
Douce
Aimante
Naïve
Peu expansive
Paranoïaque
Stressée
Peu joyeuse
Lunatique
Timide
Serviable

Caractère & Physique
Grandir dans une famille de chasseurs, ça forge assurément le caractère, même quand on n’est pas chasseur soi-même. Pour Ailish, ça n’a pas vraiment été facile, être la benjamine d’une famille pareille, ne pas avoir le don du sang comme ses frères aînés, être la seule fille de la fratrie...Elle a toujours été effacée, relativement timide, mais pas vraiment par volonté, plutôt à cause de la place que prenaient ses frères dans la famille. Après tout, elle est la petite dernière, elle est une femme et, même si pendant toute son enfance ses parents ont voulu y croire, elle n’a jamais montré le moindre signe de sang de chasseur. Ailish a toujours vu sa différence comme une honte, elle n’était pas comme ses frères, elle ne pouvait pas faire la fierté de sa famille, alors obéir gentiment et être la discrète petite soeur était tout ce qu’elle avait, tout ce dont elle était capable. Sauf que ça n’a pas suffit. Et quand ça n’a plus suffit que pouvait-elle être d’autre…? Ailish a été la soeur discrète et gentille, elle a été l’épouse dévouée et aimante, elle a toujours fait ce qu’on attendait d’elle, de toutes les manières possibles. Et cet aspect d’elle ne s’est jamais totalement effacé, on ne gomme pas une vie entière d’un trait comme ça, ce n’est pas possible. En tant que serveuse, Ailish est dévouée, toujours souriante et à l’écoute des gens. Elle se montre très sympathique avec les clients et beaucoup aiment sa bonne humeur et sa jovialité. Dans la vie de tous les jours, elle apparaît souriante, sympathique et semble être une femme heureuse et bien dans sa peau. Elle n’a pas beaucoup d’amis, à part quelques personnes du travail, mais ne tient pas spécialement à se faire des amis non plus. Isolée, assez solitaire et paranoïaque, Ailish a peur que son passé vienne la hanter, qu’il s’agisse de ses frères ou de son mari, elle ne veut pas revoir un seul irlandais roukmoute de sa vie...Et dire qu’elle l’aimait son mari...Oh que oui elle l’aimait, même si il était bien plus vieux qu’elle, même si on lui a imposé ce mariage, même si il n’était pas vraiment l’homme de ses rêves...Il était son gros nounours mais toute cette colère, tous ces problèmes, l’alcool pour oublier...Elle n’en pouvait plus. Ailish ne boit d’ailleurs pas, elle a l’alcool en horreur et déteste voir des gens complètement saouls, ça lui fait presque peur. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle n’est pas allée travailler dans un bar, alors que ça aurait peut-être été plus simple pour elle. Elle peut changer d’humeur assez rapidement, un trait de famille auquel elle n’a pas échappé, mais ses coups de sang sont assez peu nombreux, surtout en ce moment. Son côté lunatique va plutôt la faire passer soudainement à la panique, la panique d’avoir oublié quelque chose, la panique d’avoir été retrouvée, la panique de s’être trompée...C’est une femme qui n’aime pas se tromper et décevoir, elle a été élevée comme ça et n’aime pas se rendre compte qu’elle a commis des erreurs, cela lui fait toujours beaucoup honte. Depuis toujours, à cause de sa famille, de ses frères qui prenaient beaucoup de place et de son côté effacé, l’irlandaise a toujours eu un grand besoin d’amour. C’est encore plus vrai depuis qu’elle a quitté son mari sans se retourner. Elle a un manque immense d’amour et a besoin, encore plus que de n’importe quoi d’autre, de quelqu’un capable de l’aimer sans rien demander en retour, quelqu’un qui l’apprécie et voit en elle quelqu’un de valeur. Elle-même ne se rend pas vraiment compte qu’elle a ce besoin en elle, la jeune femme est simplement beaucoup plus soulagée quand elle a quelqu’un avec elle pour l’aimer et la soutenir. Même si c’est quelqu’un comme son mari. N’importe qui pourrait faire l’affaire, elle est tellement en demande d’amour qu’elle en devient très souvent naïve et risque de gros problèmes à faire ainsi confiance à tous ceux qui lui témoignent un peu d’intérêt...Ailish est avant tout une jeune femme triste, hantée par un passé douloureux qu’elle a voulu fuir et qui ne sait pas quoi faire de sa vie maintenant qu’elle est seule. Si le passé pouvait se réécrire, elle serait la première à sauter sur l’occasion, à changer les choses, mais c’est impossible...


Dans la tête des gens, les irlandais sont souvent roux avec des yeux verts et une jolie peau pâle, a fortiori les irlandaises de qui on a toujours une image précise et souvent bien plus séduisante qu’elles ne le sont. Néanmoins, quelques clichés ont la dent dure et perdurent malgré tout. Ailish est effectivement rousse, mais pas un très joli roux, quelque chose d’un peu fade et passé. C’est pourquoi elle se teint les cheveux, utilisant du rouge, du orange, du doré...Ses cheveux sont flamboyants, comme un feu ardent qui ne cesse de bouger au gré du vent, de ses mouvements et de ses humeurs. Ils sont longs, le plus souvent lâchés sur ses épaules, libres de flotter et se balader, mais il lui arrive de les nouer en tresses ou en queue haute quand elle a besoin de se dégager le visage. Au diner où elle travaille par exemple, elle préfère les attacher, c’est également plus professionnel ainsi. Ses yeux ne sont pas verts mais d’un noir profond, plein de reflets, grands et mélancoliques, et elle aime beaucoup les maquiller de noir, délicatement. Ses grands yeux bougent beaucoup, observant, analysant, cherchant des regards amis partout mais aussi scrutant les regards suspects, ceux des pervers ou des cinglés qui s’intéressent de trop près à elle. Son teint est clair, joli, et elle n’a presque pas besoin d’en prendre soin pour qu’il garde son éclat, qui plus est sa peau est douce et délicate. Ses avant-bras sont tatoués, des dessins qu’elle a fait quand elle était jeune, mentant sur son âge pour faire cela alors qu’elle n’avait pas encore dix-huit ans. C’était une tentative pour se faire remarquer par sa famille, ça n’a pas vraiment eu l’effet escompté en réalité mais qu’importe c’était déjà fait de toute façon. Son piercing au nez date de cette époque également, elle ne l’a jamais laissé se reboucher, elle aime bien cette petite touche divergente sur elle, un peu comme le détail qui la rend particulière, au moins à ses yeux à elle. Sa constitution est assez fragile, elle tombait assez régulièrement malade quand elle était enfant et garde quelques séquelles de ces maladies à répétition, dont sa corpulence puisque sa croissance a été quelques peu perturbée. Ailish ne mesure qu’un petit mètre cinquante-trois pour quelques quarante-sept kilos, un poids plume et une petite taille qui ne prend vraiment pas beaucoup de place. Depuis qu’elle est à Los Angeles, elle s’habille avec ce qu’elle peut, faisant les fripes et trouvant souvent de vieilles fringues, rendant son look étrange, changeant et souvent assez rock, puisqu’elle aime beaucoup récupérer les t-shirts de groupes de musique divers et variés. Elle a toujours eu un faible pour les chaussures, même si avec son salaire actuel, elle ne peut pas avoir tout ce qu’elle veut, il lui arrive de craquer sur certaines paires quand elle le peut.
28 ans
Anthropos
Hétérosexuelle
Serveuse / modèle de charme
Humaine
Mariée mais célibataire
Mon histoire
     La nuit tombait lentement sur le petit village de Dunlewey, Rowan le regardait descendre, un châle sur les épaules pour la protéger du froid de la soirée d’octobre. Sa main droite caressait son ventre bien rond, elle était presque à terme et elle en était ravie, porter un enfant était toujours une grande joie pour elle, comme s’occuper d’un bébé. Elle n’était plus toute jeune et ce serait probablement le dernier enfant qu’elle pourrait porter, le dernier enfant que son mari voudrait bien lui faire sans doute également. Quatre descendants semblaient bien suffisants pour Suileabhan, il avait trois fils qui pourraient reprendre sa suite, comme il l’avait lui-même fait avec son père, l’aîné était même d’ailleurs déjà un Chasseur reconnu par les siens. Secrètement, Rowan espérait avoir une fille. Une magnifique petite fille qui aurait ses cheveux roux et un visage doux et souriant. Ce serait formidable, sortir un peu de ce monde si masculin, avoir un petit trésor avec qui partager des secrets, faire des sorties entre filles, s’amuser sans les garçons…

     “ Mère, vous devriez rentrer, il va faire froid ce soir, ” dit une voix dans son dos, celle de Ciaran, son aîné. Rowan le regarda de ses yeux gris, contente et fière de son premier né, un jeune homme fort et qui représentait sa famille avec honneur. Elle le laissa l’aider à se relever et la raccompagner dans la grande maison de pierres familiale des Cassidy, la famille de son époux. Elle aimait bien cette maison, même si elle semblait dure et austère. C’était là qu’elle avait mis au monde ses trois fils, là qu’elle vivait depuis qu’elle avait quinze ans et qu’elle avait épousé Suileabhan. Quinze ans, ça pouvait paraître jeune, pour la plupart des gens, mais c’était comme ça. Ses parents avaient jugé que Suileabhan Cassidy, fils unique de Ultan Cassidy, Chasseur plus que renommé, mort héroïquement à presque 250 ans dans un combat avec un loup-garou. Rowan n’avait jamais compris comment un homme aussi âgé avait pu n’avoir qu’un seul enfant, elle trouvait presque cela triste...En tout cas, pour elle, épouser Suileabhan s’était fait tout naturellement, elle n’avait jamais été une vraie Chasseresse, elle préférait de loin rester à la maison pour s’occuper des enfants et de son mari quand il était là. Non pas que c’était là la place d’une femme forcément, elle avait une soeur qui se battait contre les forces surnaturelles avec hargne et détermination et sa famille l’acceptait parfaitement. D’ailleurs, elle avait eu son premier fils tout aussi jeune, puisqu’il était né un an après son mariage, ce qui pourrait aussi en faire bondir certains. Mais dans son entourage, il n’y avait que des Chasseurs et de grandes familles ancestrales dont les traditions remontaient très loin, personne ne trouvait cela étrange dans ce milieu particulier.

     La maison était calme, les deux jeunes garçons étaient déjà couchés et Suileabhan lisait paisiblement au coin de la cheminée. Il releva le regard vers son épouse en la voyant arriver avec son fils pour la soutenir et esquissa un sourire. Lui aussi était heureux d’avoir un quatrième enfant, un quatrième fils pour porter l’héritage de sa famille et lui faire honneur dans le milieu des Chasseurs. Ciaran était d’ores et déjà une grande source de fierté et il savait que ses deux autres fils, Murtagh et Suibhne, le seraient également. Un quatrième fils serait forcément une autre grande source de fierté, il le savait. Et il savait déjà comment il voulait l’appeler, même si il n’en avait pas encore parlé à Rowan. Il voulait lui donner le nom de son père, Ultan, en hommage au courage de son père et aux ancêtres de sa famille qui avaient porté ce nom avant lui. Il posa son livre pour venir à côté de son épouse, la prendre dans ses bras, alors qu’elle s’était installée sur le canapé non loin de la cheminée. Elle n’avait pas eu conscience du froid qu’il faisait dehors et sa fine peau claire était glacée. Ciaran se retira rapidement, il devait partir en mission le lendemain matin et avait besoin d’une bonne nuit de sommeil, laissant ainsi ses parents profiter d’une soirée de couple tranquille et bien méritée.

     Le couple Cassidy alla se coucher un peu plus tard, Suileabhan veillant à ce que son épouse soit bien installée, il avait pris l’habitude après quatre grossesses ! Il ne fallut pas bien longtemps pour qu’elle s’endorme, même si elle n’en donnait pas l’impression à presque 38 semaines, ça devenait fatigant de simplement se déplacer dans la maison. Elle tomba dans le sommeil rapidement, son mari faisant de même, alors qu’un feu mourant craquait encore dans l’âtre de la cheminée de leur chambre. Ils ne se réveillèrent pas avant quelques heures, Rowan se tenant le ventre en gémissant. Son quatrième enfant avait décidé d’arriver légèrement en avance et en plein milieu de la nuit ! Le Chasseur se hâta, toujours un peu perdu malgré l’expérience qu’il avait et alla chercher la domestique qui avait servi de nounou aux trois garçons et qu’ils appelaient affectueusement Mamo, soit mamie en gaélique, bien qu’elle ne le soit absolument pas. La vieille domestique accourut aussitôt et aida la mère à mettre au monde son enfant. Le travail dura plusieurs heures, si bien que la petite fille naquit très tôt dans la matinée du 15 octobre, épuisant Rowan et faisant des cheveux blancs à Suileabhan. Il ne fut pas spécialement ravi de découvrir une petite fille, mais la mine renfrognée et les grands yeux bleus de la petite lui redonnèrent le sourire malgré lui : même une petite fille le comblait en fait.

🍀

     Suibhne était grimpé dans le grand chêne bi-centenaire dans le jardin de la maison Cassidy, agitant une poupée de chiffons vers le sol, en direction de la petite fille qui s’agitait et sautait pour essayer de la récupérer. Mais malheureusement pour Ailish, elle était bien trop petite pour parvenir à sauter assez haut et elle n’avait pas le droit de grimper dans l’arbre. Une petite fille ne faisait pas ce genre de choses d’après Mamo, elle devait bien se comporter. Et en plus, elle était trop petite pour escalader l’arbre, c’était dangereux, lui avait déjà dit sa mère. Tout ça, son frère le savait parfaitement et c’était bien pour ça qu’il était monté dans l’arbre après lui avoir volé sa poupée. Ils avaient un peu plus de trois ans de différence, alors lui il avait le droit de grimper comme ça et de faire le casse-cou, après tout, il avait neuf ans lui ! “ Eh bah alors la naine on peut pas grimper ? ” la narguait-il en se moquant sans honte de la petite taille de sa soeur. Ailish se renfrogna, ses yeux commençant à se remplir de larmes. “ Oh il va pleurer le bébé ! Bouhouhou ! Rend moi ma poupée, bouhouhou ! ” l’imita-t-il en se frottant un oeil d’une main, mimant la petite fille en train de pleurer. Ce qui fit bel et bien pleurer la gamine à chaudes larmes et elle poussa des sanglots inutiles qui ne servait qu’à faire rire son grand frère.

     Arrivant de nul part, Ciaran attrapa la poupée sans mal et son frère par la même occasion pour le descendre sans douceur de l’arbre et le ramener au sol. Il tendit la poupée à sa petite soeur, qui aurait aussi bien pu être sa fille vu leur différence d’âge de vingt-et-une années. “ Cesse de pleurer, Ailish, ça ne sert à rien, ” commença-t-il à l’intention de sa petite soeur, avant de se tourner vers Suibhne qui regardait ses pieds d’un air penaud. “ Quant à toi, jeune homme, il me semble que l’on t’a déjà demandé de ne pas t’en prendre à ta petite soeur de la sorte. Tu es censé la protéger, c’est ton rôle en tant que frère aîné, alors excuse toi et rentrez tous les deux à la maison, ça va être l’heure de votre souper. ” Toujours tourné vers son petit frère, Ciaran attendait les excuses qu’il avait demandées, les bras croisés sur la poitrine, un regard sévère posé sur Suibhne. “ Pardon Ailish, excuse moi de t’avoir pris ta poupée, je ne le ferai plus... ” marmonna le gamin en relevant les yeux vers sa soeur. L’aîné fit signe aux deux plus jeunes de filer vers la maison de pierres et d’aller manger, ce qu’ils firent sans demander leur reste.

     C’était courant pour la petite Ailish de se faire embêter par ses frères, surtout Suibhne, même si Murtagh n’était pas en reste non plus quand il le voulait. Seul Ciaran semblait la prendre sous son aile, arrêtant les deux autres quand ils allaient trop loin et que la petite se mettait à pleurer. Mais Ciaran n’était pas toujours là, il partait souvent en mission et ses frères étaient devenus doués pour se cacher et l’embêter sans que personne ne soit là pour les gronder. Elle n’était pas seulement la petite dernière à leurs yeux, elle était aussi la préférée de leur mère, la fille qu’elle avait toujours voulue et qu’elle choyait dès qu’elle le pouvait. Ce n’était qu’à moitié vrai, en réalité. Rowan attendait aussi beaucoup de sa fille, elle espérait qu’elle serait Chasseresse, qu’elle ferait sa fierté au même titre que son mari était fier de ses fils. Et dans l’éventualité où ce ne serait pas le cas...Rowan cherchait déjà le parfait parti pour sa fille, un homme bien de sa personne et descendant d’une famille de Chasseurs aussi prestigieuse que celle des Cassidy. Et à ce petit jeu d’unions de familles, Rowan commençait à devenir extrêmement douée. Après tout, elle avait pu pratiquer longuement sur ses trois fils. Ciaran était marié, Murtagh allait bientôt l’être et Suibhne était fiancé à la petite soeur de la promise de Murtagh...Une affaire de familles que la mère savait gérer à la perfection !

🍀

     Les Cassidy avaient organisé le grand repas qu’il était coutume d’organiser lorsqu’un des enfants entraient officiellement dans le monde des adultes, dans le monde des Chasseurs. Pour certains, Suibhne était encore jeune pour passer ces épreuves et devenir Chasseur mais pour les Cassidy et, en particulier pour Suileabhan, il était prêt. Et la preuve en était, il avait passé les trois épreuves ! A douze ans, il faisait partie du grand monde des Chasseurs et serait bientôt prêt pour partir à la chasse avec son père et ses frères aînés. Il y avait là une bonne cinquantaine d’invités, des Chasseurs éminents, des familles proches des Cassidy, des gens que la famille tenait en haute estime. Ciaran et Murtagh, leur épouse au bras, étaient des hôtes parfaits, fiers de leur petit frère, leur père également mais Rowan, elle, préparait tout autre chose pendant que ses fils faisaient la fierté de la famille Cassidy.

     La mère de famille, hôte de tout ce petit monde, avait en vue un jeune homme d’une autre grande famille, un Chasseur tout ce qu’il y avait de plus respectable et que même Suileabhan appréciait et trouvait compétent. Seamus O’Mordha avait dix-sept ans de plus que sa fille Ailish, une différence qui semblait énorme mais qui s’effacerait très vite, déjà parce qu’un Chasseur vivait bien plus longtemps qu’un humain ordinaire et quand on dépassait l’espérance de vie ridicule d’un humain, dix-sept années ne représentaient plus rien du tout. Rowan avait déjà parlé aux parents de Seamus mais elle ne l’avait croisé qu’une fois, lors d’une fête pour son retour. Mais cette journée était un peu le dernier test du jeune homme et si il lui plaisait, il était presque certain que son sort était scellé. Non, elle ne s’occupait pas réellement de ce que lui voulait, ou de ce que sa fille pourrait vouloir, de toute façon, elle était bien trop jeune pour prendre une décision qui impacterait sa vie future, elle n’avait que neuf ans après tout !

     Et d’ailleurs, où se trouvait la petite Ailish à l’heure actuelle…? Elle était allée se réfugier dans le grand chêne, loin de la terrasse et de l’animation de la journée. On lui avait mis une jolie petite robe, qu’elle avait salie en grimpant, des chaussures vernis et on l’avait coiffée avec soin, lui mettant un ruban dans les cheveux. Elle était mignonne, prête à être vendue au Chasseur déjà adulte qui ne se doutait sans doute de rien, lui aussi. Ailish ne comprenait évidemment pas ce qui était en train de se jouer, ce que sa mère magouillait sans lui en parler...Elle était simplement intimidée, il y avait bien trop de monde pour elle, sa timidité et sa discrétion de petite dernière de la fratrie ressortaient plus encore quand il y avait beaucoup d’invités dans la maison familiale...Elle jouait avec sa poupée de chiffons, entre les branches de l’arbre, tranquillement, espérant que personne ne la verrait là-haut et ne la disputerait pour être partie sans qu’on lui en donne l’occasion.

     “ Un jour, ce sera toi tu sais, Ailish, ” dit une voix en contrebas d’elle. En baissant la tête, elle vit son grand frère Ciaran, qui lui aussi s’était soustrait à la petite fête pour venir la voir. “ Tu deviendras aussi une Chasseresse et nos parents organiseront une fête pour toi. Mais je te l’accorde, ce n’est pas passionnant, même quand on se trouve au centre de l’attention. ” Il sourit à la petite rouquine et ne fit même pas un effort en grimpant dans l’arbre à côté d’elle, mettant un peu de mousse et de lichen sur son costume gris impeccable. Sa femme le gronderait sans doute, surtout qu’elle l’avait perdu des yeux et qu’il avait fichu le camp. Mais lui non plus n’aimait pas ce genre de réunions de familles, il n’avait jamais été le genre d’homme à aimer les mondanités. C’était un chasseur solitaire, efficace et acéré, tout ce petit jeu était loin de ce qu’il savait faire, c’était le royaume de sa mère, pas le sien. “ Pourquoi ils font ça ? ” demanda la petite fille en appuyant la tête sur son frère, qui passa son bras autour d’elle. “ Oh ne t’occupe pas de ça pour l’instant ma chérie, ce sont des histoires d’adultes que tu comprendras plus tard...Dans quelques années, les parents feront pareil pour toi, tu passeras les épreuves et... ” Ciaran hésita. Il savait ce que sa mère était en train de préparer, il avait vu le Chasseur à qui elle avait promis sa petite fille, il savait parfaitement qu’Ailish serait un outil pour rapprocher deux familles...Mais il ne pouvait pas lui dire, elle était trop petite pour comprendre ce que cela signifiait. “ Et tu seras une grande Chasseresse, je n’en doute pas, ” acheva-t-il finalement en lui frottant la tête gentiment.

🍀

     Dublin n’avait rien à avoir avec ce que Ailish connaissait, c’était une ville immense, à ses yeux, pleine de gens, de bruits, de choses à voir et à faire ! Elle était émerveillée rien qu’à se promener dans les rues, rien qu’à voir l’animation de la ville. Et le plus excitant était qu’elle n’avait pas le droit d’être là. Ailish avait fugué, prenant le premier bus qu’elle trouva pas loin de chez elle, pour partir, pour quitter sa famille de Chasseurs qui n’avait pour elle que mépris et ne ressentait que de la honte à voir qu’elle n’était qu’une simple humaine. Une simple humaine...Son père n’avait pas voulu y croire, ses frères l’avaient charriée plus encore que tout ce qu’ils avaient pu faire pendant son enfance et même Ciaran n’avait plus que des regards déçus quand il se tournait vers elle. Seule sa mère continuait de l’aimer, sans doute parce qu’elle voyait encore en la petite rouquine un atout : elle était toujours promise à Seamus O’Mordha et, même si elle n’était pas une Chasseresse, aucune des deux familles n’avait intérêt à rompre leurs fiançailles...Elle se marierait bientôt, c’était inévitable, mais si elle fuyait assez loin, peut-être qu’on ne la retrouverait et qu’on ne l’obligerait pas à épouser cet inconnu à qui sa mère l’avait vendue sans la moindre honte.

     Partir loin avait été dans ses projets, même si elle devait vivre à la rue pour y parvenir. Et dans Dublin, sans argent, sans rien, elle n’eut pas spécialement le choix. C’était la première fois qu’elle travaillait, elle servait dans un bar et se débrouillait assez bien. La première chose qu’elle fit avec le peu d’argent qu’elle gagnait ne fut pas de se payer un appartement, elle squattait chez l’un des autres serveurs avec qui elle avait une petite idylle d’adolescents, le genre d’histoire que l’on croyait passionnée quand on avait seize ans mais qui devenait dérisoire quand on commençait à vieillir. Avec son salaire en poche, elle fila chez un tatoueur de la ville, un client régulier du bar qui pensait qu’elle avait dix-huit ans et n’eut aucun remord à prendre son argent pour lui faire des dessins indélébiles dans la chair et même un piercing. Cela dura plusieurs mois, Ailish y prit goût comme beaucoup de personnes s’étant faites tatouer une fois. Sa petite aventure dublinoise dura un an et demi, en tout, avant que sa famille ne la retrouve enfin et ne vienne la chercher…

     Ce fut à Ciaran qu’on confia cette mission, parce qu’elle s’était toujours bien entendu avec lui et qu’il était, de tous les Cassidy, le plus efficace. Quand il entra dans le bar, un soir, Ailish eut d’horribles sueurs froides et eut envie de se cacher, de ficher le camp et de disparaître. Mais elle ne put pas le faire, son patron l’envoya voir le grand rouquin barbu qui était entré et elle lui servit une pinte de stout quand il commanda, sans ajouter d’autres mots, sans la saluer. Tout ce qu’il fit, ce fut de la regarder avec un son air déçu, cet air qui lui donnait envie de pleurer et de s’enterrer six pieds sous terre. Ciaran resta là toute la soirée, attendant que sa petite soeur termine son service, que le bar ferme et plus le temps passait, plus elle était angoissée, plus elle redoutait ce qui allait suivre. Elle ne voulait pas rentrer dans sa famille, elle ne voulait pas épouser cet homme, elle ne voulait pas qu’on la bride encore et toujours...Mais que pouvait-elle faire à part se plier aux volontés de ses parents…? Rien, voilà la réalité de sa vie. Elle ne pouvait rien faire du tout, elle n’était pas majeure, n’avait pas de passeport et savait qu’elle ne pourrait pas fuir Ciaran...Mais quand le bar ferma, les choses ne se passèrent pas comme la rouquine l’avait cru.

     Ailish ne s’était jamais préoccupé des forces surnaturelles de ce monde, pas depuis qu’elle se savait humaine en tout cas, et était bien incapable de les reconnaître. Elle ne s’était jamais douté que son patron et l’autre serveur aient pu ne pas être des humains. Et quand le serveur, petit ami d’Ailish, vint demander gentiment à Ciaran de s’en aller, lui non plus ne s’attendait pas à cette réaction, c’était certain. Le Chasseur frappa par surprise, plantant son couteau de chasse dans la main du jeune homme au travers de la table, l’immobilisant complètement. Le barman bondit et les deux hommes luttèrent sans merci, jusqu’à ce que le Chasseur soit victorieux et que son adversaire gise au sol, à moitié inconscient. Ailish était terrifiée, dans un coin du bar, poussant un petit couinant lamentable quand son frère arracha le couteau de la main de son petit copain. “ Tu sais...J’attendais mieux de toi, Ailish, ” commença son frère en jetant au sol le serveur sans ménagement. “ Tu es une Cassidy, tu devrais savoir tenir ta place, faire ce qui convient...Et surtout reconnaître les monstres contre qui nous luttons, nous ta famille. ” Cette dernière phrase sonnait comme une accusation, une accusation qui fit pleurer Ailish sans qu’elle puisse se contrôler ni se retenir. “ Aller les erreurs de la nature, faites moi plaisir et montrez à ma petite soeur ce que vous êtes vraiment... ” En croisant le regard de son copain, Ailish put y lire la terreur et la rage comme elle ne les avait jamais vues dans un regard auparavant. Elle n’en crut pas ses yeux quand il se transforma, bien entendu, elle avait écouté les histoires de son père, de Ciaran, à propos des monstres qu’ils devaient chasser pour le bien de l’humanité. Mais les voir de ses yeux pour la première fois était choquant et terrifiant. Devant elle, le corps de son amoureux changea, prenant une forme monstrueuse, à la peau noire, aux yeux rouges, avec des serres acérées, des crocs plein la bouche. Il gémissait et semblait souffrir alors que Ciaran lui tenait la tête et lui avait glissé le couteau sous la gorge...“ C’est avec ça que tu voulais vivre, Ailish…? Avec un monstre comme lui, plutôt qu’avec ta famille ? Ce monstre dévore des enfants, Ailish, comme ton patron, ce sont deux croquemitaines qui n’ont aucun scrupule à attaquer les enfants, la nuit, des êtres sans défense...Tu me déçois terriblement, Ailish. ” A chaque fois qu’il prononçait son nom, sur ce ton dur et froid, elle lâchait un sanglot. Elle ne s’était rendu compte de rien, elle n’avait pas remarqué les signes, c’était de sa faute...Son frère égorgea sans regret les deux monstres et embarqua sa soeur pour la ramener chez eux, dans le nord du pays…

     Les siens l’attendaient, dans la grande maison de pierres, mais aucun ne lui adressa la parole. On la regarda avec honte, colère, déception...Et pendant plusieurs mois, ce fut cela. Elle avait déçu les siens, elle n’était pas digne d’être une Cassidy, elle la petite humaine née d’une longue lignée de Chasseurs...Ce fut dur pour elle, ces mois sans que ses frères ne lui parlent, sans que son père n’ait même un regard vers elle. Elle ne trouvait même pas de réconfort avec sa mère, qui l’évitait la plupart du temps pour ne pas avoir à lui parler...La seule consolation que pouvait trouver Ailish était que ça ne durerait que jusqu’à son mariage, qui arriverait bien vite, dès que son futur époux rentrerait d’une longue mission qui l’avait sans aucun doute emmené loin de l’Irlande. Elle ne le connaissait pas, tout ce qu’elle savait c’était son nom et la tête qu’il avait. La dernière fois qu’elle l’avait vu, elle n’avait que neuf ans et, à cet âge, jamais elle n’avait pensé qu’il deviendrait son époux. Ce n’était même pas quelque chose d’envisageable pour une gamine de cet âge. Mais pour l’adulte qu’elle devait devenir, se marier était la seule porte de sortie de sa famille. Ce n’était nullement la porte pour quitter le monde des Chasseurs, pas en s’unissant à un O’Mordha, ce n’était même pas envisageable. Mais peut-être que son mari ne verrait pas en elle l’humaine qui n’avait pas le sang du Chasseur comme le reste de sa famille. Peut-être qu’il serait quelqu’un d’agréable, gentil et aimant. Peut-être qu’elle serait heureuse avec cet homme. Beaucoup de peut-être, beaucoup d’espoirs, Ailish espérait de toutes ses forces, de tout son petit coeur d’irlandaise passionnée, même si au fond d’elle-même, elle sentait que tout cet espoir serait inexorablement déçu et que jamais elle ne connaîtrait une vie normale et heureuse…

🍀

     Un mariage, c’était censé être le plus beau jour de la vie d’une mariée. C’était sa journée. Elle arrangeait tout, elle choisissait le traiteur, les décorations, les invités, le lieu...Elle choisissait tout en fait, elle s’occupait de beaucoup de choses et c’était stressant mais ça restait un beau moment, un moment magique. Sans parler de la robe...La robe que certaines mariées mettaient des semaines, voir des mois, à choisir ! C’était important, bien plus que tout le reste pour certaines. Au final, c’était pour le marié que cette journée était la plus tranquille, la plus pépère ! Il se laissait porter et n’avait qu’à stresser en attendant le grand moment, certains participaient quand même à l’élaboration de la journée et du reste mais autant dire que c’était surtout la mariée qui se faisait plaisir et qui avait le dernier mot sur tout. Ce ne fut pas le cas pour Ailish.

     La jeune irlandaise ne voulait pas se marier. Elle ne connaissait presque pas son futur époux, elle n’avait rien pu organiser et se soumettait, comme durant toute sa vie, à ce que sa famille avait prévu pour elle. C’était sa mère qui s’était occupé de tout, qui avait choisi toutes les décorations, le traiteur et le reste. C’était aussi elle qui avait choisi la petite chapelle de Dunlewey pour célébrer le mariage et la grande maison familiale des Cassidy pour faire le repas et la soirée avec les invités. Même la robe, Ailish n’avait pas pu la choisir. Rowan aurait voulu que sa fille porte sa robe pour le mariage, la robe qui était dans sa famille depuis quelques générations déjà et qui se transmettait de mère en fille à chaque mariage. Elle aurait beaucoup aimé mais sa fille avait une corpulence si spéciale, si petite, que ce n’était pas possible de reprendre la robe pour qu’elle lui aille...Ma seule solution aurait été de la recouper, mais c’était impossible dans l’esprit de Rowan, cette robe avait une trop grande valeur sentimentale. Un détail de plus qui semblait exclure la jeune Ailish de sa famille...Alors que la robe familiale ne lui allait pas, elle s’était dit que, peut-être, elle pourrait donner son avis. Mais non, toujours pas. Sa mère fit venir une couturière pour prendre ses mesures et l’habiller pour le grand jour, sans qu’on lui laisse aucun avis. Elle aurait voulu quelque chose de simple, quelque chose de discret mais d’élégant. Ce ne fut pas ce qu’elle eut, oh ça non ! Sa mère et la couturière avaient opté pour une robe princesse, avec un fin corset bleu orné de petites perles blanches et un jupon large, bleu également, donnant un gros volume sur le bas. La coiffure et les bijoux suivaient le même modèle, raffinés mais un peu tape-à-l’oeil pour montrer que la famille avait les moyens pour ce mariage. Elle était une très belle mariée, elle le savait mais, alors qu’elle était seule dans sa chambre juste avant le grand moment, elle ne put sourire, elle ne put se trouver belle. Une affreuse tristesse la prenait, accompagnée de regrets lancinants qui lui hurlaient qu’elle aurait dû avoir une autre vie, qu’elle aurait dû faire autre chose et pas se marier aussi jeune à un inconnu à qui on la vendait…

     La petite chapelle était mignonne, en vieilles pierres, datant au moins d’aussi loin que la maison des Cassidy, et les deux familles y étaient réunies, attendant l’entrée de la mariée. Ailish était stressée et faisait tout son possible pour sourire, avoir l’air heureuse de ce grand jour et, quand son père l’aida à descendre de la carriole qui l’avait amenée, elle était si stressée qu’elle en oubliait de respirer. C’était la première fois qu’ils étaient aussi proches depuis sa fuite à Dublin et, si ce n’était pas la tradition, elle était persuadée qu’il ne l’aurait pas amenée jusqu’à l’autel lui-même. Il lui tendit le bras, qu’elle prit doucement, presque timidement tellement elle avait peur de sa réaction et il posa une main sur la sienne en tournant la tête vers elle. “ Peu importe le passé, Ailish, ” commença-t-il à murmurer doucement, “ Tu restes notre fille et ce qui a pu arriver...Eh bien, nous te pardonnons pour cela, pour tes erreurs, nous en avons tous fait. C’est un grand jour, pour nous tous. ” Il s’avança vers elle, pour déposer un baiser léger sur le front de sa fille, un baiser qui eut le mérite de rendre un peu de courage à Ailish, lui permettant de reprendre une bouffée d’oxygène et de se préparer à entrer dans la chapelle. Elle avait toujours aussi peur mais elle n’avait pas le choix, elle entra avec son père, regardant devant elle et fuyant les regards de tous ces gens qui étaient venus pour elle, pour celui qui serait son mari dans quelques minutes. C’était lui qu’elle regardait. Cet homme dont elle ne savait que le strict nécessaire, cet homme qui l’impressionnait déjà, avec ses dix-sept ans de plus, sa grande taille et sa carrure imposante, elle se sentait comme une crevette à côté de lui.

     Mais pour la première fois, en posant ses yeux sur elle, Ailish ne ressentit pas cette angoisse qui l’habitait dès qu’elle le voyait. Elle eut le souffle un peu court, en le regardant, à l’autre bout de la chapelle, l’attendant humblement. Si elle avait une robe bleue des plus traditionnelles, lui portait le kilt comme il le devait, ça lui allait bien, c’était certain. Il n’avait pas spécialement l’air plus à l’aise qu’elle et elle se rendit compte qu’à lui non plus, personne n’avait dû demander son avis. Si elle était forcée de se marier avec un inconnu, elle n’avait jamais songé qu’il en était exactement de même pour Seamus. Lui non plus ne voulait peut-être pas l’épouser, lui non plus ne voulait peut-être pas se retrouver là, face à une femme avec laquelle il allait passer toute sa vie...Et une autre chose la frappa sans qu’elle ne s’en rende compte, pendant qu’elle avançait au bras de son père lentement, au rythme de la musique qui les accompagnait. Elle ne comprit pas réellement ce qui se passait dans sa tête jusqu’à ce qu’elle soit face à lui, prête à être unie à lui par les liens sacrés du mariage. Elle réalisa, avec la force de toutes les révélations soudaines, qu’il était beau. Pour beaucoup, ça n’aurait pu être qu’un détail, elle était forcée à se marier alors pourquoi son apparence la ferait changer d’avis…? Parce qu’elle avait été tellement contre ce mariage qu’elle en avait été aveuglée : cet homme n’avait rien de mauvais, il était beau, il avait l’air charmant et il était tout aussi forcé qu’elle à cette cérémonie. Ce mariage ne serait sans doute pas la malédiction qu’elle avait crue.

     Ailish était légèrement tremblante quand elle leva les mains pour que son futur les prenne, avec étonnement plus de douceur qu’elle ne l’en pensait capable. Le prêtre noua leurs mains avec le ruban des Chasseurs, elle avait du mal à respirer, serrée dans sa robe, stressée et désemparée en même temps. Elle plongea ses yeux dans ceux de Seamus, y cherchant la même angoisse, la même peur qu’elle ressentait. Pouvait-il voir ce qu’elle éprouvait…? Elle l’espérait, elle espérait qu’il la comprendrait, qu’il verrait qu’elle avait peur et qu’il pourrait la rassurer. Elle écouta le prêtre, il était très traditionnel et leur fit répéter le serment du mariage. La voix d’Ailish était un peu faible, nouée, mais elle sortit quand même de sa gorge pour répéter les mots, ses yeux toujours plongés dans ceux du Chasseur en face d’elle pour se donner du courage. Quand le classique “je vous déclare mari et femme” retentit dans l’église, Ailish se rendit compte qu’elle n’avait pas pris une bouffée d’air depuis quelques très longues secondes. Elle ne put respirer à nouveau qu’après que les lèvres de Seamus se soient décollées des siennes, après ce baiser qui scellait leur mariage, qui symbolisait tellement de choses qu’il lui donna presque le tournis. Elle était mariée, c’était fait, elle n’était plus Ailish Cassidy mais bien Ailish O’Mordha.

     Comment expliquer ce qu’elle ressentit quand elle arriva à la maison de ses parents dans les bras de son époux ? C’était indescriptible. L’église n’était pas très loin de la maison, il avait été décidé de faire le chemin à pieds. Mais la mariée ne marchait pas, oh ça non, il était de rigueur que le marié portait sa toute nouvelle épouse jusqu’à leur demeure. Ou en l’occurrence la demeure où se tiendrait la fête du mariage. Il l’avait soulevée sans la moindre difficulté, elle la toute petite brindille dans les bras du grand Chasseur, les mains tenant sa nuque doucement et le visage tourné vers lui pour l’observer. Qu’elle l’ait voulu ou non, c’était avec lui qu’elle passerait sa vie, alors autant commencer à s’habituer à lui, à son visage, à qui il était...Ses pieds ne touchèrent pas le sol avant qu’ils aient tous les deux passer la porte d’entrée pour aller jusqu’au grand salon. Avant la fête, sa mère avait tenu à faire quelque chose de symbolique, une tradition oubliée à laquelle elle accordait pourtant une grande importance : elle rompit un pain d’avoine au-dessus de la tête de sa fille pour lui porter bonheur. La fête battit son plein pendant des heures, jusqu’à ce que les premières lueurs du matin apparaissent à l’est, Ailish était épuisée après cette journée et elle serait ravie de pouvoir enfin se coucher…

🍀

     Vivre aussi loin de sa famille sans que cela n’énerve ses parents fut curieux pour Ailish. La famille de Seamus était dans le Sud de l’Irlande, à des centaines de kilomètres de Dunlewey, à des centaines de kilomètres de chez elle. Si on le lui avait demandé, elle aurait sans doute qu’elle voulait rester près de sa famille, mais elle n’avait pas eu le choix. Comme toujours dans sa vie d’ailleurs, maintenant elle commençait à avoir l’habitude. Elle espérait avoir le choix pour certaines choses auxquelles elle n’était pas du tout prête pour l’instant, comme la maternité...Mais elle verrait cela, sans doute, peut-être Seamus n’en voulait même pas, des enfants...Elle-même ne s’était jamais posé la question, elle n’avait que dix-sept quand on lui passa la bague au doigt, comment aurait-elle pu dire à ce jeune âge si elle voulait être mère ou non ? C’était impossible à dire. Et quand elle pensait à sa propre mère...Elle avait été une Chasseresse, elle avait traqué et tué les monstres que ces deux familles traquaient au quotidien et avait tout arrêté pour devenir mère. Ailish n’était clairement pas dans la même situation mais elle ne voulait pas être une mère au foyer. Ni même une femme qui restait à la maison à attendre son mari. Non, elle voulait travailler, elle voulait servir à quelque chose. A quoi, elle l’ignorait mais elle ne resterait pas à rien faire.

     Et elle ne resta pas à la maison à attendre son mari. Ailish trouva un emploi, pas le genre qui changerait le monde, mais qui lui rapportait quand même un peu d’argent et qui lui donnait au moins la satisfaction de ne pas compter que sur son époux. Elle avait trouvé un emploi comme vendeuse, dans une boutique de chaussures en ville, de là naquit sa passion pour les chaussures d’ailleurs, de ses années passées à travailler là-bas, à s’occuper des clientes. Ce n’était pas une boutique au rabais, où les chaussures étaient bon marché, oh que non. C’était une boutique de luxe, avec de grandes marques et des collections dignes des boutiques chic comme on voyait à Londres ou Paris. Certes, ce n’était pas toujours agréable, certaines clientes n’étaient pas aimables du tout avec les vendeuses, qu’elles estimaient inférieures. Mais la plupart du temps, ça se passait bien. Comme avec Seamus. Ailisi se surprit, semaine après semaine, à l’apprécier, à trouver agréable de passer du temps avec lui, à...l’aimer. Oui, même si ce n’était qu’un mariage arrangé, même si elle n’avait jamais voulu épouser cet homme...Elle commençait sincèrement à l’aimer. Les semaines se changèrent en mois, les mois en années, et Ailish se découvrit des sentiments sincères à l’égard de l’homme qui partageait sa vie. Elle supposait ses sentiments réciproques, au moins un peu, et appréciait de s’occuper de son mari quand il était là. Son nounours, comme elle l’appelait, partait souvent, à cause de son devoir de Chasseur, comme son père et ses frères quand elle était enfant...Elle était loin d’être la seule femme à devoir supporter les absences de son mari. Et elle était loin d’être la seule femme à devoir vivre avec ses crises quand il revenait…

     Cette fois-là, quelque chose s’était mal passé. Quelque chose avait vraiment mal tourné. Et un ami de Sea était mort. Bien sûr, Ailish avait déjà vu son mari peu joyeux, abattu par des problèmes familiaux ou lors de ses chasses. Mais cette fois ce n’était pas pareil. Cette fois, il s’était mis à boire à peine rentré, sans un mot, sans un câlin comme il pouvait faire, sans qu’elle puisse tenter quoi que ce soit pour le réconforter. Que pouvait-elle faire…? L’alcool, elle le savait d’expérience, rendait les hommes mauvais. Il réveillait des choses en eux, les rendait agressifs ou colériques alors qu’ils étaient calmes et patients le reste du temps. Son mari n’était probablement pas un modèle de bonheur et de communication, même en temps normal. Mais le voir, là, après avoir bu autant...Cela la fit juste souffrir. Elle aurait voulu l’aider, le soutenir comme une épouse pouvait le faire, comme elle se sentait le devoir de le faire. Mais elle ne savait tout bonnement pas comment s’y prendre. Cette fois-là, elle préféra se dire que ce n’était que passager, que cela passerait avec le temps et que ce n’était qu’à cause de la mort de son ami qu’il était ainsi. Toutes les douleurs finissent par passer, même celle provoquée par un deuil. La sienne passerait également, elle en était convaincue.

     Depuis la mort de Sean, les choses étaient différentes. Ailish avait du mal à reconnaître celui qu’elle avait épousé par moment. Elle le voyait rongé par les remords, par les missions...Elle avait espéré que discuter pourrait aider. Mais plus encore, elle avait espéré qu’une famille l’aiderait. Toujours employée dans la boutique de chaussures, Ailish s’était faite à sa vie, à son mari, à son quotidien qui n’était pas toujours facile. Et elle commença à se dire qu’une chose lui manquait. Pourquoi pas avoir un enfant…? Après tout, elle avait vingt-cinq ans, sa mère à cet âge-là avait déjà eu un fils et le deuxième ne tarderait pas après cela ! Et surtout, elle ne possédait pas le Sang du Chasseur, elle ne vivrait pas aussi longtemps que ses parents, ses frères et Seamus...Quand elle aborda le sujet, il sembla aimer l’idée et rien que cela lui suffit, elle pouvait le retrouver, le rendre heureux à nouveau et peut-être lui faire oublier les problèmes, les doutes et les douleurs de son activité. Ce serait formidable si c’était possible. Il lui fallut quelques semaines, malgré tout, pour se faire à l’idée qu’ils allaient essayer de fonder une famille. Elle était catholique, oui, mais ne pas faire attention aurait été stupide. Arrêter sa contraception était difficile, parce qu’il n’était pas aisé de se dire qu’elle était une adulte, à présent, elle qui ne s’était toujours vu que comme une enfant qui obéissait sagement. Elle savait que ça pourrait prendre du temps, on ne faisait pas un enfant comme ça pouf en un claquement de doigt. Et si seulement elle avait pu...Mais un autre drame survint dans la vie de Seamus, dans leur vie à tous les deux. Pourquoi fallait-il que le quotidien de Seamus soit si violent, si plein de morts et de haine…? Pourquoi étaient-ils nés dans des familles de Chasseurs…? Dans une autre vie, où ils auraient été des gens ordinaires, tout ceci ne serait pas arrivé et ils auraient pu avoir une existence heureuse, peut-être. Ou alors ne se seraient-ils jamais rencontrés…? C’était impossible à savoir et, peu à peu, la vie d’Ailish sombra. Parce que ce n’était pas n’importe qui cette fois, c’était Alexander. Il était l’ami de Seamus. Mais aussi celui de Ciaran. Et même si Ailish n’était pas vraiment aussi proche qu’eux de lui, elle en souffrit également. La seule chose qu’elle se demandait maintenant était : à qui le tour…? Personne n’était à l’abri…

     Comment garder le moral quand la seule personne qui comptait dans votre vie ne l’avait pas ? Le quotidien était devenu pesant, usant, des plus difficiles à supporter et les absences répétées de Seamus n’arrangeaient absolument rien à la chose. Ailish était fatiguée. Fatiguée de le voir comme ça, fatiguée qu’il parte sans arrêt, fatiguée d’être seule et triste...Au fil des années, elle s’était liée d’amitié avec une des autres vendeuses de la boutique, une certaine Amélia, adorable et toujours de bonne humeur, le genre de femme avec qui on aimait bien passer du temps. Les deux femmes s’entendaient très bien, elles avaient à peu de choses près le même âge et travaillaient bien ensemble. Alors forcément, quand un jour, Amélia gagna à une loterie un voyage d’une semaine en thalasso dans un coin reculé de l’Irlande, ce fut à Ailish qu’elle proposa de venir avec elle. Amélia n’avait pas grand monde dans sa vie, pas de petit ami et elle savait que pour son amie, ce n’était pas rose tous les jours. Elle pensait faire le bien en l’invitant. Ce ne fut pas le cas. Loin de là. Seamus était en voyage, pour son travail, totalement injoignable et Ailish ne put pas le prévenir qu’elle partait, tout cela s’était décidé très vite et quand il rentra chez eux un soir, elle avait fait un sac pour partir en vacances...Sauf que ce ne fut pas comme ça qu’il le vit. Il crut qu’elle allait partir, qu’elle allait le quitter. Il lui colla la peur de sa vie, à un point qu’elle ne pensait pas capable. Même quand son frère l’avait retrouvée à Dublin et qu’il avait tué ces deux monstres devant elle, la peur n’avait pas été aussi forte. Elle ne le reconnaissait plus, comme si c’était un étranger qui était rentré ce soir-là et pas son nounours…

     La petite irlandaise s’était évanouie, la veille au soir, à cause de son mari, à cause de la peur qu’il lui avait faite et...de ce qu’elle avait provoqué. Ailish n’en avait pas idée, mais elle était enceinte. Le stress, la peur, la vue de son mari dans cet état...Pourquoi avait-il fallu que tout tourne ainsi…? Elle aurait pu être heureuse, elle aurait pu avoir un bébé et les choses se seraient arrangées...Mais non, non c’était impossible. Quand elle s’était réveillée, elle était dans son lit, elle avait mal au bas-ventre et remarqua bien vite qu’elle avait saigné dans les draps blancs. Elle ne comprit que plus tard, en allant chez le médecin, ce qu’elle avait perdu. Et elle pleura, toute seule dans le cabinet, alors que le médecin lui demandait ce qui s’était passé. Tout ce qu’elle trouva à dire fut  “ Je n’en sais rien, j’ignorais que j’étais enceinte, ” même si ce n’était pas totalement vrai. Dans son esprit, c’était de sa faute à lui. Et peu  importait les raisons qui l’avaient poussé à s’énerver de la sorte, peu importait que ça ait été justifié. Seamus n’était plus son mari, il n’était plus qu’un étranger, un homme lunatique qui lui avait fait perdre ce qu’elle aurait pu avoir de plus précieux au monde...Depuis la mort de Sean, son époux n’avait fait que s’enfoncer, que changer et, sottement, elle avait gardé espoir qu’il pourrait redevenir celui qu’il était quand elle l’avait épousé. Elle le revoyait, l’attendant devant l’autel, elle se souvenait de ce qu’elle avait ressenti, de la peur, de l’appréhension...Mais ce n’étaient que des souvenirs, rien de plus. Même rentrer chez elle était difficile. Mais il le fallait. Elle devait prendre des affaires, elle en avait besoin pour partir, pour le quitter définitivement et ne plus jamais remettre les pieds en Irlande...Ailish trouva son mari comme elle l’avait laissé en partant chez le médecin dans la matinée : ivre mort sur le canapé. Faire ses affaires fut rapide, quelques bricoles, quelques vêtements, son passeport et de l’argent qui était caché dans un coin de la maison. Quelques heures lui suffirent pour faire ses affaires, quitter la maison, rejoindre Cork et tirer autant d’argent qu’elle le put d’un distributeur avant d’aller à l’aéroport. Peu importait le prix, peu importait la destination, Ailish prit le premier avion qui quittait le pays.

🍀

     Los Angeles ne fut pas sa première destination, avant cela elle était allée à Londres puis à Madrid avant de quitter l’Europe pour les Etats-Unis et New-York. L’irlandaise mit à peu près quatre mois à arriver à Los Angeles, à force de voyages, de persévérance. Mais en arrivant en Californie, elle manquait d’argent, elle avait besoin de se poser quelque part et de commencer une nouvelle vie...Avec le peu d’argent qu’il lui restait, elle se trouva un appartement, un studio miteux dans un quartier pas terrible mais qui se trouvait non loin d’un diner où elle put trouver un emploi. Serveuse de café et de pancakes, voilà qui n’était pas ce dont elle avait rêvé mais ça payait le loyer, en tout cas plus ou moins selon les jours et les pourboires...C’était dur et il fallait parfois arrondir les fins de mois, la vie n’était pas pour rien à Los Angeles et pour une femme seule venue d’un autre pays, ce n’était pas évident. Mais arrondir ses fins de moi en se prostituant n’était pas du tout dans ses projets. A la place, elle avait accepté de faire des photos. Ce n’était pas de la prostitution, juste de la photo dénudée, de la photo de charme, juste de quoi lui permettre de manger correctement et de garder un toit sur sa tête quand les pourboires se faisaient maigres...Ce n’était pas vraiment une vie mais elle espérait que ça s’améliorerait, elle était encore jeune, il ne fallait pas perdre espoir...
Derrière l'écran
Salut je suis une mite en pull-over et j'ai 5 ans. J'ai découvert le forum grâce à mon p'tit doigt. Je suis un inventé. J'en profite pour dire que j'autorise le staff à faire mourir mon personnage inventé si je venais à quitter le forum. Je serai présent à peu près 24/24h et je tiens à dire que le forum est cool !
Revenir en haut Aller en bas
Elfe Noire
Líníel Myrn
Líníel Myrn
Elfe Noire
⚝Paroles Échangées : 226
⚝Age : 35
⚝Localisation : Poison Dust

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 22:41

Re bienvenue Miss Mite en pull-over

Let me be the one that got away | Lish Giphy



Darkness and Light
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sorcier
Karl Fitzgerald
⚝Paroles Échangées : 529
⚝Age : 43
⚝Localisation : quelque part à LA

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 22:44

Punaise c'est le sosie d'une nana que je connais
Rien que pour ça je te saute dessus en fangirlant
RE bienvenue à la maison petite crapule démoniaque


Je voulais juste que tu sois un père



#745627
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Invité
Invité

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 22:56


    *sors les armes*Dégage de là le sorcier! C'est ma femme èé*viens tenter de câliner sa rouquine*Rebienvenue crevette ♥
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 22:58

Mwhahaha merci Liniel pour ce gif et d'avoir saisi la référence ! C'est pas si souvent sur les forums ! c2 Merci à mon petit sorcier aussi, fangirlise autant que tu veux, j'adore ça !

*regarde son mari froidement*
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 23:10

*Soupire*

Aller quoi! Un câlin à ton nounours ♥
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 23:12

*câline son nounours, même si il le mérite pas*
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyDim 25 Aoû - 23:13

    *Enfoui son visage dans les cheveux de sa ptite crevette la gardant dans ses bras ♥*
Revenir en haut Aller en bas
Elfe Noir
Jesus Goodman
Jesus Goodman
Elfe Noir
⚝Paroles Échangées : 259
⚝Localisation : Dans ton Q ♥

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyLun 26 Aoû - 10:33

Re-bienvenue <3
J'espère que ti vas bien t'amuser avec elle dr :p



Laughter is the best medicine - fear the shadows
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sorcier
Ézéchiel Draven
⚝Paroles Échangées : 1758
⚝Age : 35

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish EmptyLun 26 Aoû - 15:07

Whaouu quelle histoire brille c'était long mais tellement bien écrit que ça a passé tout seul c2 j'ai vraiment hâte de voir ce personnage en jeu pous Tu l'as compris petite Mite tu es validée :biere:

Tu es validé(e) !
Félicitation à toi, tu es à présent validé. A présent les portes de l'aventure te sont ouverte. Tu peux dés à présent recenser ton avatar ICI, ton métier , créer ta fiche de liens LA et ta fiche de RPS à cet endroit. Si tu as besoins d'en savoir plus sur le forum, nos annexes sont également là pour t'aider. N'hésite donc pas à les consulter ICI. Allez hop, à présent place au jeu c2



Wolf and Wizard
Magic blood is my power, but my soul mate is wolf...
(c) lilie

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Let me be the one that got away | Lish Empty
Message# Sujet: Re: Let me be the one that got away | Lish   Let me be the one that got away | Lish Empty

Revenir en haut Aller en bas
 

Let me be the one that got away | Lish

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Perfume of Blood :: From Dusk till dawn :: ♰ Tombez le masque :: Présentations Refusées-