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 Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]

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Ekaterina Kovalski
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Message# Sujet: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyMar 29 Oct - 20:08

Gotta cut my teeth on a diamond chain

@Ekaterina Kovalski & @Jad Eltanin

Pourtant c’était précisément le genre d’exposition où il y aurait un max de gens bien blindés à faire les connaisseurs alors qu’ils ne comprenaient absolument rien à ce qu’ils regardaient. Pourtant, elle avait beau fouiller et fouiller encore, elle ne trouvait absolument rien d’intéressant dans le vestiaire de cette galerie d’art. Peut-être que les riches et célèbres avaient un horaire particulier pour assister à ce genre d’évènements, quand les paparazzis étaient un peu plus disponibles ou lorsque la lumière naturelle serait plus valorisante. Pour l’instant, elle n’avait trouvé qu’un foulard Hermès dépassé de déjà 3 saisons et quelques dollars. L’argent était à peine assez pour s’acheter un Frappucinno Thé Vert Matcha au Starbucks le plus près. Ce machin, une vraie addiction.

Elle sortie discrètement du vestiaire et décida de visiter un peu l’exposition pour se consoler de son maigre butin qu’elle avait camouflé dans son sac à main de marque. Katya aimait bien les galeries d’art comme celle-là parce qu’elles étaient silencieuses. Elle aimait bien le silence. Elle fit son chemin, de corps en corps, inspectant chacun des organes exposés derrière une vitre. Ce qu’il y avait de bien avec les morts, c’est qu’elle n’avait pas à les craindre, enfin, beaucoup moins qu’elle pouvait craindre les vivants. Sa récente rencontre avec un esprit moralisateur lui avait fait douter de la confiance qu’elle pouvait avoir envers les défunts mais au moins, ils ne la touchaient pas.

C’était bien aussi les machins sans peau. Elle aurait bien aimé voir la peau de son ancien abuseur fondre sur ses organes alors qu’il cramait dans sa maison qu’elle avait elle-même mis feu. Elle aurait bien voulu voir si son intérieur était aussi joli que ces quelques deux cents cadavres littéralement à nu dans cette pièce. Ekaterina aimait se l’imaginer complètement pourri, noir et fétide comme son esprit. Elle pondérait sur le contenu du sac de peau qu’était celui qui l’avait acheté sur le marché noir lorsque son attention fut prise par un escalier au loin. Pas d’affiche de sortie, pas d’indication qu’une autre exposition pouvait bien s’y trouver. C’était probablement des bureaux et probablement qu’il y aurait quelque chose de plus intéressant que dans les vestiaires décevants.

Toujours aussi discrète, d’un talent presque surhumain pour se faire silencieuse et se fondre aux décors, elle escalada les escaliers en faisant bien attention de ne pas faire résonner ses talons sur le carrelage particulièrement brillants. Un grand corridor se présenta devant elle, les murs vêtus d’une collection privée de toiles qui n’intéressaient pas tant la jeune ukrainienne. Elle aimait ce qui se revendait facilement. Le marché de l’art n’était pas quelque chose d’attirant pour ses besoins et dépassaient nettement sa capacité de s’exprimer dans sa langue seconde. Ce qu’elle volait n’avait de valeur que dans l’immédiat. Dans une saison, l’imperméable noir qu’elle portait n’aurait plus aucune valeur. Il la rendait heureuse. Il lui donnait l’illusion d’être autre chose qu’une orpheline qu’on avait utilisé comme esclave dans un pays où les droits humains devaient dépasser celui du sien.

« Jad Eltanin, Directeur » enfin un bureau intéressant. Elle n’allait certainement pas aller dévaliser une assistante ou un pauvre subordonné. Katya avait des principes et ses principes, c’était de voler les plus riches, le top de la pyramide. La porte n’était pas verrouillée, heureusement pour elle parce que même si elle était une excellente pickpocket, elle ne savait absolument pas comment crocheter une serrure. Le bureau été décoré avec goût ce qui n’avait absolument rien de surprenant pour un directeur de galerie d’art. Il n’y avait pas de manteau elle se dirigea donc immédiatement vers le bureau, ouvrant doucement chacun des tiroirs à la recherche de sa petite victoire de sa journée. La jeune femme serait déçue d’être venue jusqu’ici pour repartir avec 8$ et un foulard. Un des tiroirs lui résista enfin. Ses yeux sombres brillèrent. Il était verrouillé, il devait certainement y avoir quelque chose d’important si ce tiroir était verrouillé mais le bureau entier ne l’était pas. Elle pris l’ouvre-lettre qui se trouvait juste sous son nez pour l’utiliser comme levier et briser la serrure ce qui, après avoir utilisé tout son poids en poussant avec son pied sur le rebord du bureau, un position loin d’être élégante mais ô combien efficace!

Au fond de celui-ci, sous quelques papiers, se trouvait une jolie montre de poche. Selon son expertise limitée en bijoux à force d’en avoir volé, il semblait ancien et fait d’argent. L’argent n’était plus un métal très prisé pour la production de bijoux luxueux mais si on y ajoutait suffisamment d’années, elle pourrait probablement en tirer un bon prix chez un antiquaire. Le dos de la montre avait des inscriptions en une langue slave qu’elle ne comprenait malheureusement pas. Le fait qu’elles n’étaient pas écrit en cyrillique avaient probablement beaucoup à voir avec sa capacité de compréhension. Elle savait lire, mais elle avait encore beaucoup de difficulté avec l’alphabet latin et dans les pays de l’ex-Yougoslavie, il n’y avait que la Bosnie qui utilisait le même alphabet que l’Ukraine.

Tout ce temps à observer et à réfléchir, la montre de poche dans une main et l’ouvre-lettre dans l’autre, Ekaterina laissa tomber ses gardes, bien heureuse d’avoir trouvé quelque chose qui lui rapporterait peut-être quelques centaines de dollars. Elle pourrait probablement même se payer un souper dans un restaurant chic dans le centre-ville si elle trouvait le bon antiquaire. Cependant, elle n’avait pas vu que quelqu’un l’observait depuis la porte du bureau. Un homme d’une allure jeune, fin vingtaine peut-être, la regardait se délecter de sa trouvaille. Ekaterina ne bougea pas. Son expression changea légèrement pour démontrer sa surprise alors qu’elle ne pu que prononcer une seule syllabe.

« Oups? »

Comme si défoncer un tiroir et y trouver une montre bien cachée dans un bureau au deuxième étage où l’accès était restreint pouvait être une erreur.

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Jad Eltanin
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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyJeu 31 Oct - 18:59

Gotta cut my teeth on a diamond chain Ekaterina & Jad~ An de grâce 1603, sur les ruines d'un champs de bataille de l'empire Ottoman.

L'armée ennemie avait été vaincue. Sa barbe d'un noir corbeau était souillée de sang mais Jad ne s'en souciait guère. Installé dans un large fauteuil recouvert de velours, il savourait un verre de vin, le regard perdu dans le vague. Dans sa main libre, il manipulait distraitement une montre en argent, délicatement ouvragée. Il n'était qu'un mercenaire insensible qui s'alliait au plus offrant. On le décrivait comme un homme déloyal, licencieux et violent, reconnu pour sa barbarie, motivé par une haine profonde contre la noblesse hongroise fréquemment opposée aux Habsbourg. La vérité était tout autre : il se fichait de cela, il haïssait toutes les créatures. Humains, anges, démons. Chrétiens ou Ottomans. Noble ou pauvre. Il les haïssait tous sans exception.

« Je me soucie peu du temps qui passe, Leeta. A quoi bon m'offrir une montre ? »

La faée avait sourit en haussant les épaules et lui avait offert une réponse sibylline. Sous sa barbe ensanglantée, Jad lui avait renvoyé un sourire impénétrable. Il avait lu l'inscription qu'elle y avait fait graver, au dos de la montre en argent. Mais il s'était abstenu de tout commentaire.

Mržnja često skriva očaj koji ljudi ne dozvoljavaju sebi da osete.(*)

*

Après tous ces siècles, il aurait pu la jeter, la revendre ou la perdre. Il n'aimait pas l'argent autant que l'or. Pourtant, il l'avait gardée sans savoir pourquoi. Il l'avait gardée également après la mort de Leeta. Il avait conservé cette montre durant plus de quatre cents ans. Et encore aujourd'hui, il ignorait pourquoi.


*

~ Fin octobre 2019, dans les locaux luxueux de la Solaris Gallery.

Parfois, le calme qui régnait dans la galerie d'art était propice à la méditation. Certaines heures étaient plus creuses, les visiteurs venaient plus nombreux les week end ou après leur travail. Jad donnait congé aux vigiles qui ne gardaient la galerie qu'aux heures de grande affluence. En ces moments,  il veillait seul sur les œuvres d'art et il restait en retrait, à observer les allées et venues. Il notait mentalement ce qu'il voyait sans se forcer à engager la conversation quand il ne le souhaitait pas. Il étudiait les comportements, repérait les visages familiers, analysait les expressions des visiteurs. Sa nature solitaire le poussait à apprécier les instants d'observation, sans nulle autre compagnie que lui-même.

Ainsi, il avait remarqué cette jeune fille discrète qui s'était faufilée dans les vestiaires pour y rester un moment bien trop long. Une pick-pocket ? Peut-être. La possibilité qu'elle puisse faire les poches des manteaux de ses visiteurs ne l'inquiétait que très modérément, voire pas du tout. Il la laissa faire, par indifférence, par flemme mais aussi à cause d'une once de curiosité. N'ayant rien d'autre à faire, au vu du calme qui régnait, il décida de la suivre du regard, adoptant la posture nonchalante qui était naturellement la sienne. Il aurait très bien pu se laisser distraire par autre chose et ne plus s'en soucier. Mais rien de plus intéressant que la silhouette gracieuse de cette jeune voleuse n'attirait son regard. Prenant garde à ne pas se faire voir, il la suivit jusqu'aux escaliers – dont un panneau interdisait clairement l'accès au public – qu'elle gravit effrontément.

Et culottée avec ça. Il fronça les sourcils, une moue hésitante aux lèvres. Il aurait pu appeler la sécurité, ne pas se salir les mains avec de basses besognes telles que celles-là. Il décida pourtant de ne rien faire. Les objets de valeur - tableaux ou sculptures – qui se trouvaient à l'étage, dans sa collection privée, étaient tous de taille trop grande pour qu'on puisse les emporter discrètement. A moins de découper une toile au canif, de la rouler et de la cacher sous son imperméable, ce qui aurait pu l'abîmer et lui faire perdre ainsi de sa valeur. Il y avait aussi bien-sûr du matériel électronique d'un certain prix, mais il la voyait mal fuir par la fenêtre avec des ordinateurs ou autres sur le dos. Non, elle ne volerait rien. Et s'il la voyait redescendre bredouille, elle n'aurait qu'à inventer qu'elle cherchait les toilettes ou toute autre excuse bidon pour s'en sortir. Cela aurait été trop facile? Il fallait la prendre sur le fait. Alors, il se dirigea posément vers les escaliers et rejoignit son bureau, sans se presser.

Son pas était léger et fluide. En silence, il se posta à l'entrée et observa. Alors qu'elle lui tournait le dos, affairée à fouiller les tiroirs, elle ne se rendit pas compte de sa présence. Il la vit se démener pour briser la serrure du seul tiroir verrouillé. La gorge de Jad se noua. Il ne pensait pas qu'elle parviendrait à l'ouvrir. Tout autre que lui se serait manifesté à ce moment précis, aurait élevé la voix, se serait précipité pour pincer la voleuse par le col de son imperméable. Mais ses lèvres demeuraient closes. Son visage ne trahissait pas la moindre expression. Et ses pensées furent happées  dans un lointain passé qui datait de quatre cent ans. Un passé où la seule véritable personne en qui il tenait lui avait fait un cadeau.

Si tu lis la gravure, tu devrais comprendre pourquoi, Jad. Tu devrais comprendre enfin.

Le mouvement de la jeune voleuse l'arracha à ses pensées. Oups. Son regard passa du coupe-papier à la montre qu'elle tenait dans ses mains avant de retrouver l'expression surprise de la brune. De son coté, l'expression de Jad ne manifestait ni colère ni indulgence. Il se contentait d'être là, flegmatique, à la dévisager, tout en lui bloquant l'unique sortie de la pièce. Les salles du rez de chaussée étaient très hautes de plafond et ainsi, bien qu'ils ne soient qu'au premier étage, il était difficile de s'échapper par la fenêtre sans se briser le cou, à moins d'être un yamakasi. Jad inclina la tête, se demandant vaguement si elle tenterait l'expérience. Ça aurait pu être beau à voir mais cela l'aurait forcé à sauter lui aussi.

« C'est une antiquité, elle doit valoir dans les 2000 dollars, peut-être plus. Je parle de la montre, bien-sûr. Le coupe-papier m'a coûté moins de 10 dollars. »

Il était très tranchant cependant et il aurait tout à fait pu servir d'arme. Tout en parlant, il fit un pas vers elle. Puis deux. Le ton de sa voix restait calme, ses mouvements n'étaient pas brusques.

« Ah pauvre petite pie. N'est pas Arsène Lupin qui veut. »
Il secoua la tête avec condescendance et se rapprocha à nouveau, libérant de ce fait le passage vers la sortie, pour se placer face à elle. « Voyons si tu es capable d'excuses un peu plus élaborées qu'un vulgaire "oups." Pour commencer, excuse toi d'être une voleuse minable et ensuite, on discutera du remboursement des dégâts. » Le tiroir avait pris cher.

Le regard de Jad s'abaissa sur la montre gravée de cette phrase au vocabulaire démodé, trop ancien pour que même un serbe moderne puisse le comprendre. Son prix était dérisoire pour un homme aussi fortuné que lui. Elle était vieille et usée et pas si jolie. Il ne savait pas, il ne savait vraiment pas pourquoi il l'avait gardée depuis si longtemps.

(*) La haine cache souvent un désespoir que les gens ne s'autorisent pas à ressentir.
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Ekaterina Kovalski
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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptySam 9 Nov - 2:46

@Ekaterina Kovalski a écrit:

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@Ekaterina Kovalski & @Jad Eltanin

Entre elle et la sortie se tenait maintenant un homme. Ekaterina n’arrivait pas à savoir s’il était en colère, blasé, ou s’il se foutait complètement de ce qu’il se passait. Son visage neutre était déconcertant et franchement effrayant. La brunette fit la même tête, les yeux quelques peu plus écarquillés par la surprise. Elle ne se faisait pas prendre, elle ne pouvait pas se permettre de se faire prendre. S’il appelait la police, elle allait se faire mettre immédiatement dans le prochain avion direction Odessa. Le propriétaire de la montre se mit à parler de prix de celle-ci, Katya ne pu s’empêcher de le questionner du regard.

« Deux milles? Pense pas. À moins de trouver collectionneur. Sinon, deux, peut-être trois cent chez bon antiquaire. »

Elle haussa les épaules, une moue de léger dégoût sur son visage fin alors qu’elle s’exprimait dans un anglais approximatif habillé d’un accent slave à couper au couteau. Elle se disait que cette montre avait probablement une valeur sentimentale pour qu’il lui donne autant de valeur parce que, franchement, à moins de trouver un collectionneur ou un fin connaisseur, il y en avait des tonnes des montres de ce genre chez les revendeurs. L’homme se rapprocha d’elle de deux pas. Deux pas de trop. Deux pas qui suffirent à faire sonner toutes les alarmes dans son cerveau. Elle empoigna l’ouvre enveloppe de manière à pouvoir se défendre. Elle avait fini d’être une victime. Elle avait fini de se faire utiliser par les hommes. Le fait qu’il restait si calme n’avait rien pour la rassurer.

« Non… »

Dit-elle en reculant. Elle voulait maintenir son air dur, elle aurait voulu avoir l’air forte mais alors qu’elle s’adossait au mur derrière elle, elle avait plutôt l’air d’une biche apeurée. Elle tenait toujours la montre mais c’était sa main qui se resserrait autour du coupe papier qui avait toute son attention. Elle sentait toute son énergie se diriger vers cette main, prêt à l’utiliser s’il la touchait. Elle frissonna à cette idée. Il la traita de pie. Il la qualifia de minable. Elle connaissait ce pattern. C’était ce que les agresseurs faisaient tout le temps, non? Et puis, si elle était en train de voler dans son bureau, ce n’était probablement pas parce qu’elle avait de l’argent pour payer les réparations du tiroir. Elle pinça les lèvres, tentant de cacher les tremblements de son corps.

« Je suis pas un oiseau. Je suis pas minable. »

Non mais qu’est-ce que les gens avaient à tous la traiter de pie? En commençant par ce fantôme qui avait voulu lui faire la morale, maintenant lui. Comment ils s’en sortaient, eux, de toute manière? Comment ils faisaient pour survivre sans voler un peu? L’idée qu’ils avaient pu habiter ce monde quelques centenaires ne lui passa pas par la tête. Ce n’était pas son premier réflexe de se dire que ceux qui semblaient avoir plus de chance, ils avaient passé des décennies à la construire cette chance. Tout ce qui tournait dans sa tête en ce moment, c’est qu’elle était seule, dans une pièce avec un inconnu et qu’elle avait faim. Elle devait absolument trouver un moyen de se sortir de cette situation.

« C’est mon anniversaire. Je voulais manger. »

Elle mangeait. Ce qu’elle voulait réellement dire, c’est qu’elle voulait se payer un bon repas. Un resto où elle n’aurait pas à ramasser pour un dortoir entier parce que personne n’avait réellement de sens de la propreté, du moins, rien qui n’atteignait ses standards à elle. C’est ce qui arrive quand notre maison nous est donnée en échange de travail et qu’on habite avec pleins de clodos. Katya ne se considérait pas comme une clodo, même si elle n’avait jamais eu de chez elle vraiment. Elle était simplement beaucoup trop fière pour se l’avouer. Trop fière aussi pour parler de son anniversaire qui arrivait dans quelques petits jours. Elle avait eu la chance d’être née à l’halloween, sans aucun pouvoirs, sans rien de spécial, sans même une famille. Elle ne l’avait jamais fêté, on ne lui avait jamais fait souffler de bougies. C’était son 21ième anniversaire et elle espérait pouvoir au moins se poser dans un petit resto et manger un délicieux repas chaud. La montre aurait pu lui offrir les fons pour ce petit rêve qu’elle chérissait toujours.

« J’ai pas l’argent pour ça. »

Elle désigna le tiroir avec le coupe-papier en espérant s’en tirer sans se faire demander une horreur à la place. C’était comme ça qu’elle « réparait » ses « erreurs » normalement. Un monde de porc ce monde. L’ukrainienne ne lâchait pas aucun des deux objets qu’elle avait subtilisé au dragon. Un pouvait servir de levier émotionnel alors que l’autre pouvait servir d’arme et elle n’était toujours par certaine lequel serait le plus efficace dans cette situation.

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Jad Eltanin
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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyDim 10 Nov - 22:08

Gotta cut my teeth on a diamond chain Ekaterina & JadLorsque la voleuse lui répondit, Jad fut immédiatement frappé par la rudesse de son accent qui mettait sans doute encore plus en valeur son impertinence. Elle était surprise en flagrant délit et elle se permettait de le narguer en le contredisant ? Jad secoua la tête dans un léger soupir, comme s'il se trouvait aux prises avec une acheteuse compliquée dans une salle des ventes.
Elle se donnait des airs hautains avec sa petite moue dédaigneuse mais quand il se rapprocha – bien qu'il ait pris la peine de le faire doucement – elle se mit aussitôt sur la défensive, comme un petit animal acculé. En l'observant, il fut bien conscient de sa peur, même si elle faisait tout pour ne pas la montrer. Elle avait beau le menacer avec le coupe-papier, il remarqua l'inquiétude dans ses grands yeux de biche ainsi que les légers tremblements de son corps. Dos au mur, elle ne pouvait pas reculer davantage et le dragon estima inutile d'avancer plus loin dans l'immédiat. Mais loin de se confondre en excuses comme il le lui demandait, elle démontra une certaine susceptibilité qui éclata avec une audace peu commune. Elle n'était pas un oiseau minable ?

« Tiens donc. Mais moi, je ne crois que ce que je vois.»

Elle avait peur, mais elle ne s'écrasait pas pour autant. Intéressant. Les loques humaines étaient rapidement ennuyeuses. Cette voleuse était jolie mais elle possédait également du caractère à ce qu'il semblait. Il attendrait de voir la suite.
Sans rien ajouter de plus, il accueillit ses explications avec la même impression d'indifférence. Au travers de ces quelques échanges, il se dressa le tableau d'une jeune étrangère sans le sous, née le jour de la fête des morts – macabre présage sans doute - et qui ne rêvait que de manger à sa faim, en guise de cadeau d'anniversaire.
Plus elle parlait, plus il essayait de deviner l'origine de son accent. Russe ? Il ne pouvait en être sûr. Décidément, c'était la deuxième fois en peu de temps qu'un slave venait démolir son bureau. A croire que le Panthéon des dieux russes lui en voulait.

Bien qu'il n'avait pas l'intention de lui faire du mal, ce n'était pas dans la nature de Jad de se montrer rassurant. Il possédait un abord froid et insensible dans sa façon de ne pas sourire ni d'ailleurs de manifester la moindre émotion. Plusieurs siècles en arrière, la colère l'avait poussé à massacrer des innocents, victimes des guerres qu'il menait. Il avait tué des enfants, des femmes enceintes, il avait laissé des bébés agoniser à ses pieds sans leur jeter un regard. Les humains ont-il pitié des fourmis qu'ils écrasent ? Le dragon n'en éprouvait pas davantage pour eux.
Mais aujourd'hui, sa colère s'était éteinte et il ne lui restait plus que...
En fait, il ne savait pas ce qu'il restait.

« Et quel âge auras-tu, pour cette fête des morts ? Très jeune, j'ai l'impression. Sans famille pour t'offrir un anniversaire digne de ce nom – du moins si tu dis la vérité. Les gens sont émus d'habitude, quand tu leur sers ton baratin ? »

En vérité, qu'elle soit une voleuse immorale ou une pauvre orpheline affamée ne faisait aucune différence sur sa décision. Jad avait décidé dès le début de ne pas mêler la police à tout ça. Et il l'aurait sans doute laissé filer avec son butin, en faisant mine de ne rien voir, si elle n'était pas venue dans SON bureau.

« Tu parles beaucoup trop mal anglais pour trouver facilement un job. Ton accent est atroce, c'est vrai. Mais ne crois pas t'en tirer sous prétexte que tu es insolvable. Il va falloir s'arranger autrement.»

La voir manipuler cette montre, au risque de l'abîmer, le dérangeait beaucoup. Pourquoi d'ailleurs ? Il n'était pourtant pas un sentimental. De plus, cette gamine n'avait pas entièrement tort : seul un collectionneur spécialisé et averti aurait payé une forte somme pour cet objet. Et même s'ils existaient, ils ne se dénichaient pas à tous les coins de rue. Mais il feignit de ne pas être d'accord avec elle.

« Tes antiquaires ne sont que des incompétents. Ce serait une insulte de la vendre à ce prix là. Elle a plus de quatre cents ans et elle fonctionne encore. Tu as vu ? »


Jad doutait qu'elle se laisse prendre par cette ruse grossière, destinée à la distraire, mais c'était tentant de la considérer comme une petite écervelée, trop naïve. Rien que pour la tester. A peine avait-il prononcé ces derniers mots qu'il interrompit brusquement son immobilité pour la rejoindre, beaucoup plus franchement que la première fois.

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Ekaterina Kovalski
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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyLun 11 Nov - 2:33

@Ekaterina Kovalski a écrit:

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@Ekaterina Kovalski & @Jad Eltanin

Le mur était froid contre son dos. Ce qui la terrifiait encore plus, c’est qu’elle avait réussit à se mettre dans une situation où elle ne pouvait plus sortir de la pièce sans qu’il ne puisse l’attraper. Elle se sentait stupide parce qu’il lui avait laissé la voie libre mais elle avait reculée, trop paniquée par la proximité grandissante au fil de ses pas. Elle n’était plus rationnelle, plus autant qu’elle le voudrait mais assez pour garder un minimum de tenue. Ses phalanges blanchissaient sous la pression qu’elle exerçait autour du coupe-papier, sa seule arme, sa seule rédemption si les choses tournaient au vinaigre. L’homme qui lui faisait face était impossible à lire. Avec son air neutre mais blasé, il avait même osé soupirer et rouler des yeux lorsqu’elle lui avait dit que sa montre valait beaucoup moins qu’il ne le croyait. Non mais franchement, elle volait et revendait depuis assez longtemps pour savoir ce qui avait de la valeur et ce qui n’en avait pas. Heureusement que son machin fonctionnait encore parce que sinon, il n’en tirerait même pas trois dollars.

Elle ne comprenait pas tout ce qu’il lui disait mais elle comprenait la condescendance dans ce qu’il lui disait. La barrière linguistique se limitait aux mots, son non verbal en disait suffisamment long sur ce qu’il semblait penser d’elle. Katya, en contrepartie, était fière et refusait de se placer en victime. Elle se battrait autant qu’elle le pourrait et il avait arrêter d’avancer. Il n’allait peut-être pas lui faire mal, elle avait peut-être encore une chance de s’en sortir si elle continuait sur la même lancée. De toute, si elle se mangeait une baffe, ce ne serait certainement pas la première ni la dernière.

« Mmm… Vingt… vingt et un? »

Elle avait longuement hésité, par trop certaine de comment on disait le chiffre, pas trop certaine non plus d’avoir vingt ans ou vingt et un ans. C’était difficile à dire parce qu’elle n’avait jamais célébré son anniversaire aussi. Elle était la seule qui tenait le compte.

« Les gens ne… heuuu… ils ont pas pitié. »


Est-ce qu’elle avait bien répondu à sa question? Est-ce que sa phrase avait du sens? Est-ce que ça avait réellement de l’importance rendu là. Insolvable. Elle devrait se rappeler de ce mot parce qu’elle n’était réellement pas certaine de savoir si c’était une insulte. Probablement vu le contexte, mais elle voulait savoir de quoi on la traitait. Elle devrait demander à Lucas. Elle avait compris pour « pie », « minable », on l’appelait souvent comme ça. Insolvable, c’était la première fois. C’est la fin de la phrase qui la fit paniquer. S’arranger autrement. Il n’était certainement pas là pour lui offrir un job et ce qu’il allait lui demander, les possibilités qui s’offraient à elle si ce n’était pas de l’argent, elle ne voulait même pas y penser.

« C’est en argent. Pas de marque de fabricant. Mmmmmmmmmm, slaves pas connus pour bonne montre. Personne utilise ces bidules. Les gens veulent les montres de bras, pas celles-là… HEY! »

Elle crie parce qu’il s’approche alors qu’elle fait tourner la montre sur sa chaine pour lui montrer ce qu’elle lui décrit. Elle sait qu’elle a raison. Elle connait les boutiques, elle sait ce que les gens cherchent. Dès qu’il eut fini de la distraite il avait fait un grand pas vers elle, soudain, beaucoup plus brusque que tous les autres. D’instinct, Katya monta le coupe papier vers la gorge de son interlocuteur, stoppant sa lancée. Ses yeux se remplirent de larmes qu’elle refusa de laisser couler. Elle était absolument frigorifiée par la peur. Est-ce qu’elle était prête à mourir pour un bidule du genre? Est-ce qu’elle était réellement prête à se laisser dégrader pour quelques dollars? Elle appuya la lame sur le cou du propriétaire de la galerie. Ce ne serait pas son premier meurtre.

« Plus proche et je te coupe. »

Ekaterina avait rêvé de dire ça toute sa vie à tout ceux qui l’avaient blessé, utilisé. Si seulement elle ne tremblait pas autant, ce serait probablement mille fois plus libérateur mais voilà. Elle n’était pas en contrôle, elle était rarement en contrôle, voir jamais et la dernière fois qu’elle s’était défendue, elle avait attendu que la personne soit inconsciente pour mettre son plan en action. Regarder le danger directement dans les yeux en le défiant, c’était une toute autre paire de manche et elle s’en rendait compte beaucoup trop tard.

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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyMer 13 Nov - 21:05

Gotta cut my teeth on a diamond chain @Ekaterina Kovalski & JadParfois, il était difficile d'estimer l'âge d'une personne mais Jad vivait auprès des humains depuis plus de six cents ans. Il ne s'était pas trompé sur le cas de cette voleuse : elle avait à peine la vingtaine, ce qui était très jeune, surtout par rapport à lui. Mais elle était majeure, ce qui aux yeux de la loi la rendait responsable de ses actes et l'exposait à des peines plus lourdes en cas d'infraction. Voilà qui expliquait sans doute l'intensité de son stress, maintenant qu'elle était prise sur le fait.
Le dragon tentait toujours de deviner l'origine de son accent, en écoutant ses phrases bancales et hésitantes. En même temps, il fut assez attentif pour lire de l'incompréhension en plus de la peur qui brillait dans ses yeux. Il réalisa qu'il utilisait peut-être un vocabulaire trop compliqué pour son niveau d'anglais... Mais ça n'empêcha pas l'insolente de le contredire à nouveau. Il fit claquer sa langue en signe de dédain.

« Evidemment, tu ne côtoies que des rustres, incapables d'apprécier un symbole historique, pas étonnant venant d'une vulgaire pie... »

Il s'interrompit, réalisant qu'il devait encore utiliser des mots trop complexes pour elle. De toute façon, elle ne l'écoutait pas. Elle avait crié en le voyant se rapprocher. Mais Jad poursuivit son élan, dans le but de récupérer son bien en bon état, avant qu'elle le balance par terre, sans prévenir.
Il se demanda si elle aurait l'audace de tenter un geste désespéré avec le coupe-papier. Il était si proche qu'il la frôlait, son regard plongé dans le sien qui brillait de larmes contenues. Et Jad sentit la lame fine et aiguisée du coupe-papier contre sa gorge. Avec son accent si rude, la voleuse articula son ultime effronterie.

S'immobilisant, il l'observa, attentif à ses yeux brillants, à son corps tremblant et à la panique qui se dégageait d'elle. Visiblement, ce n'était pas que la police qu'elle craignait : elle avait peur de lui. Jad manquait trop d'empathie pour deviner les raisons de cette crainte et il ne s'en préoccupait pas. Cela n'avait pas d'importance de toute façon. Il n'avait jamais considéré la peur comme un manque de courage, au contraire. C'est à la peur qu'il surmonte, qu'on mesure le courage du guerrier.

« Сделайте это. »

Ce ne fut qu'un murmure, en russe, qu'il prononça sans la quitter des yeux. Il ne maîtrisait pas toutes les langues slaves et il ne savait pas si elle le comprendrait. Fais-le, avait-il dit. Ce défi n'était pas réellement un acte de témérité, dans le sens où il savait qu'il ne risquait aucune blessure. Sa peau de dragon était si épaisse qu'aucune arme ordinaire ne pouvait la transpercer. Pourtant, si elle s'y essayait et qu'elle se rendait compte de la résistance de son derme, elle aurait pu se poser des questions. Jad se serait exposé et il ne désirait à aucun prix dévoiler son origine d'être légendaire, c'était son secret.
Il poursuivit en anglais, en prenant garde de parler lentement et d'utiliser des mots simples.

« Tu vas me tuer pour une montre sans valeur ? Tu es dure, petit oiseau. Tu n'as pas pitié de moi... ? »

Sa voix était douce, son accent anglais chantait légèrement, comme si réellement il cherchait à inspirer sa clémence. Mais la neutralité de son expression ne laissait filtrer aucun sentiment. Il aurait pu être sincère. Il aurait pu être ironique. Il redressa lentement les mains, paumes dressées en signe d'apaisement, comme s'il se rendait, et continua à parler sur le même ton, en choisissant toujours des mots faciles à comprendre. Il ne bougeait pas mais il ne lui libérait pas le passage pour autant.

« Toi, tu aimerais que les gens aient pitié de toi ? Pour ça, il faut pleurer, il faut s'excuser, il faut être gentille. Mais toi, tu n'es pas comme ça. C'est peut-être pour ça qu'ils n'ont pas pitié. »

Il ne se foutait pas d'elle, enfin si un peu, mais il ne mentait pas complètement. C'était vrai que la manipulation pouvait fonctionner, on pouvait faire appel à la compassion des humains en les prenant par les sentiments. Ils n'étaient pas tous sans cœur, le dragon s'en était rendu compte, à force de les fréquenter. Mais c'était très loin d'être une méthode infaillible. Il haussa un sourcil, plus clairement moqueur. Devant une dramaqueen en larmes, se roulant à ses pieds, lui-même aurait juste été blasé, voire un peu dégoûté. Au final, ce mélange de fragilité et de force qui se dégageait d'elle lui paraissait beaucoup plus subtil et même tout à fait charmant... Jamais il ne le dirait tout haut, évidemment.

Mais il avait assez parlé. Il attrapa brusquement la lame qui s'appuyait contre sa gorge, sans se soucier de blesser sa paume avec le tranchant. Il la força à écarter son bras armé, en se collant à elle pour la bloquer entre le mur et lui. Tout contre elle, il pouvait sentir les battements si rapides de son cœur angoissé. Qu'elle se débatte ou non, il ne la laisserait pas partir. Il reformula ses exigences, sans chercher à récupérer la montre dans l'immédiat.

« Du calme. Je ne veux pas me battre avec toi. Tu n'as pas d'argent, alors tu vas faire quelque chose pour moi. Compris ? » Il répéta le dernier mot en russe, à tout hasard. « ты поняла ? »

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Ekaterina Kovalski
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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyDim 17 Nov - 19:35

@Ekaterina Kovalski a écrit:

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@Ekaterina Kovalski & @Jad Eltanin

Et c’était qui le rustre? Les revendeurs à qui elle faisaient affaire ne l’avait jamais intimidé physiquement de la sorte eux, au moins. Ni essayé de faire croire qu’une montre sans intérêt valait la peine de tomber dans ce genre de guet-apens. La confusion continuait d’habiter son visage malgré ses plus grands efforts. Elle ne comprenait que la moitié de ce qu’on lui disait et ça commençait à sérieusement l’énerver. Est-ce que tout le monde dans cette ville parlait comme le New York Times? Les clodos avec qui elle habitaient articulaient à peine et utilisaient tellement de jargon qu’il lui était impossible de déchiffrer un moindre mot et le reste de la population avec un vocable aussi exhaustif qu’une série d’encyclopédie. Elle ne s’en sortirait jamais, définitivement.

Un cri s’échappe de sa gorge. Ekaterina est terrifiée. Elle sent le corps de l’homme si près d’elle, elle commence déjà à paniquer mais réussit à contenir ses larmes. Ses yeux plongés dans les siens, il lui chuchote des mots qu’elle ne comprend pas. Généralement, l’ukrainienne est capable de faire un rapprochement entre les mots similaires en Russe. Ceux-ci sont trop différents. Trop loin dans la sonorité. Peut-être si elle avait eu droit à plus d’éducation elle s’en sortirait mieux. Elle décolle sa tête du mur pour approcher son visage de celui de Jad, juste assez pour qu’il sente son souffle sur celui-ci.

« Я не говорю по-русски. »

Siffle-t-elle entre ses dents. La seule phrase qu’elle connaisse au complet, qu’il lui semblait avoir répété toute sa vie. Elle prononce ces mots avec violence. Avec rancœur. Katya recule sa tête, la pose sur le mur. Le propriétaire de la galerie se met à lui parler lentement, en articulant exagérément. Probablement pour lui laisser une chance de comprendre mais il y a un arrière-goût de condescendance dans son ton. Peut-être avait-il raison. Peut-être était-elle un oiseau. Elle se sentait certainement comme un oiseau pris entre les pattes d’un fauve à ce moment. Elle n’arrivait plus à calmer son pauvre cœur qui battait à une vitesse infernale.

« Non. »

Elle répondit à sa question. Katya n’avait pas pitié de lui. En quoi? Il avait cette galerie, ce bureau, cette montre. Il n’était pas mal habillé. Il ne semblait pas affamé. Il ne semblait pas manquer de rien et même avoir probablement plus que ce qu’il lui fallait. Il était impossible à lire. Impossible de prévoir son prochain geste. Il leva les mains, se montrant vaincu mais l’expression de son visage ne concordait pas. La jeune femme éloigna de quelques millimètres la lame de la gorge de Jad, lui laissant le bénéfice du doute à l’homme qui n’avait pas l’air beaucoup plus vieux qu’elle. Évidemment, elle se trompait. Elle n’était qu’un battement de paupière de la vie de celui qui lui faisait la morale sur comment proprement faire pitié. Est-ce qu’il savait comment les gens étaient cruels? Comment pleurer et battre des cils ne servait à rien la majorité du temps. Comment même une gamine avec un œil si enflé qu’il ne s’ouvre plus n’apporte même pas la pitié de ces gros dégueulasses qui habitent Hollywood et qui se nourrissent de cocaïne, de caviar et de putes. Comment ils se plaisaient à l’humilier si elle osait pleurer.

Coup de grâce. Il attrape son poignet et se colle entièrement sur elle. Son cœur manque un bond. Elle ne fait aucun bruit mais lâche le coupe-papier sous la surprise. Il fait un bruit cristallin en rebondissant sur le carrelage. Katya ne l’entends pas. Elle n’entend que son cœur battre dans ses oreilles. Elle tente d’utiliser le truc qu’on lui avait donné. Se situer dans la pièce. Nommer ce qu’elle voit. Bureau, tiroir, porte, montre, Jad. Elle panique encore plus. Une larme unique s’échappe de son œil gauche, cherchant toujours des repères visuels. Lampe, porte-manteau, fenêtre, crayon. C’est déjà mieux, ces objets-là sont bien.

Le corps de l’homme contre le sien lui donne la nausée. Elle fuit son regard. Normalement, elle se serait écrasée. Ses jambes se seraient dévoilées sous son corps. Son cerveau serait tombé en mode dissociatif où elle voyait tout ce qu’il lui arrivait de loin. Spectatrice de ses propres abus. Tant qu’elle restait ici, tant qu’elle pouvait se centrer sur la pièce, sur ce qui l’entourait, tant qu’elle pouvait habiter son corps, elle avait encore un choix. Elle pouvait encore se défendre. Son visage est parcouru de spasmes. Chaise, papiers, le petit grain de poussière au coin de la pièce, le coupe-papier. Plus les objets qu’elle repérait étaient petits et insignifiant, plus elle prenait contrôle sur sa respiration qui avait frôlé l’hyperventilation.

« да »


Dit-elle, d’un ton vaincu. Mouche, trace de doigt dans la fenêtre, oiseau, voiture, autoroute. Elle était déjà loin de ce maudit bureau. Elle était déjà en train de se promettre qu’il regretterait ce qu’il allait lui demander. Elle était déjà bien loin en mode survit alors qu’elle ne connaissait même pas ses intentions. Mais, au final, ils étaient tous pareils, non? Katya semble laisser tomber la serviette mais elle reste toujours aussi raide, prête à l'attaquer s'il le fallait, même si elle ne comptait pas trop sur ses chances à ce niveau-là. Il est plus grand qu'elle, même avec ses escarpins. Il est frêle mais elle n'a définitivement pas plus de muscles que lui.

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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyMer 20 Nov - 16:27

Gotta cut my teeth on a diamond chain Ekaterina & JadLa voleuse se débrouillait en russe mais pas mieux qu'en anglais, visiblement. Loin de se décourager, le dragon espérait encore découvrir une langue commune qu'ils maîtrisaient tous les deux. Certes, Jad s’aimait assez pour se faire rire tout seul et profiter de la subtilité de ses propres réparties sans avoir besoin de public. Mais tout de même. Du reste, sa curiosité pour ce petit oiseau allait en grandissant. Elle ne possédait peut-être pas beaucoup de vocabulaire mais elle parvenait à utiliser ses maigres ressources avec un aplomb peu commun. Non, elle n'avait pas pitié de lui. Une prédisposition au cynisme ? Sa réponse d'une franchise si abrupte avait failli le faire sourire. Sans doute l'aurait-il fait s'il n'avait pas été témoin de la détresse profonde de sa captive.

Privée de son arme improvisée, elle avait capitulé, d'un ton vaincu, mais sa crispation était manifeste. Alors qu'il était si proche d'elle, la bloquant contre le mur, il pouvait apercevoir les moindres détails de ses expressions, saisir les battements erratiques de son cœur, sentir l'irrégularité de sa respiration, trop rapide. Tandis qu'elle fuyait son regard, il la détaillait sans la moindre pudeur, dans un examen minutieux. Les yeux brillants de la voleuse passaient par diverses émotions qu'il aurait été incapable de nommer. Il savait qu'elle avait peur de lui, il ne fallait pas être psychologue pour le remarquer. Mais elle offrait à la fois une vision très particulière... d’irréalité. Était-il cruel d'apprécier cela ? Il ne se posait pas la question.

Jad se savait intimidant et il avait volontairement cultivé cette attitude, obligatoire pour se faire respecter dans un monde de violence. Son corps n'était pas taillé pour la bagarre et contrastait avec ceux des barbares massifs qu'il côtoyait naguère. Il n'aurait pas pu compter uniquement sur ses attributs magiques de dragon pour s'imposer, il avait dû apprendre à se fondre parmi les humains. Alors il avait misé sur sa haute taille pour surplomber les autres, c'était son seul réel atout physique de guerrier. Celui qui forçaient la plupart de ses opposants à lever les yeux pour le regarder. Par la suite, ses ennemis découvraient que l'insensibilité glacée de ses yeux n'était pas qu'un simple masque lorsqu'il passait à l'acte.

Le petit oiseau avait probablement de bonnes raisons de le craindre. Mais il lui avait assuré qu'il ne désirait pas se battre avec elle et selon lui, cette affirmation était bien suffisante.

« Pas de police. C'est juste entre toi et moi. » Crut-il tout de même bon de préciser, tout en soignant toujours la simplicité et l'articulation de ses mots.

Il recula légèrement. Une coudée tout au plus, pas assez pour la libérer mais suffisamment pour avoir assez de fluidité de mouvement. Il en profita pour sortir son téléphone de sa poche, choisir l'option appareil photo et prendre quelques clichés du petit oiseau, sans préambule, pour capturer ses expressions. Jad se rendit rapidement compte que telle qu'elle était placée, auprès des fenêtres, elle était à contre jour et il s'interrompit avec regret. Rangeant son téléphone,  il lui tendit la main dans une invitation à ce qu'elle lui rende son bien.

« Tu comprends la gravure ? » Il se reprit, désignant la montre du regard. « Ce qui est écrit. » Secouant la tête, il poursuivit, sans plus faire attention au choix de ses mots ni à sa diction. « Bien-sûr que non, comment une illettrée pourrait comprendre un ancien dialecte ? Ne donnez pas de perles aux cochons, à ce qu'on dit. »

Loin de paraître mécontent, en dépit du mépris de son intonation, la légèreté de sa voix prouvait un certain soulagement. Cette phrase faisait partie de son passé et il n'appartenait qu'à lui. Elle ne pourrait pas déchiffrer l'inscription évidemment, parce qu'elle n'était même pas Serbe. De cela il en était sûr puisqu'il aurait reconnu sans peine son accent. Jad avait assez voyagé dans sa longue existence pour se débrouiller dans pas mal de langues, notamment celles des familles slaves, mais cela faisait au moins deux siècles qu'il n'utilisait que l'anglais, dans sa vie de tous les jours. Néanmoins, il tentait toujours de deviner l'origine de la petite pie, comme pour un jeu d'énigme.

« Tu es biélorusse ? Polonaise ? Ukrainienne ? Juste stupide ? »

Jad n'aurait éprouvé aucun scrupule à se moquer d'une attardée mentale, de la même façon qu'avec n'importe qui. C'était ça l'égalité, pas de traitement de faveur. Sa voix avait perdu toute trace de douceur pour s'accorder avec l'impartialité de son expression.
Lorsqu'il posa sa main contre son épaule, sa poigne était ferme, ni douce ni réellement brutale. Il l'enjoignit à se détacher du mur et lui désigna l'autre angle de la pièce, d'un léger mouvement de la tête. A l'opposé du bureau et des larges fenêtres, se trouvait un coin dédié aux réunions moins formelles avec les artistes que rencontrait le directeur de la galerie. Des fauteuils confortables entouraient un mini-bar. En libertin assumé, Jad ne répugnait pas à profiter également de ce confort lors de rencontres intimes improvisées.

« Vas t'asseoir sagement là-bas. » Il roula des yeux. « Toi poser fesses sur coussin. Toi pas bouger. »

Tout en la surveillant du regard, il la relâcha et s'écarta pour la laisser passer. Peut-être en profiterait-elle pour s'enfuir et il se tenait prêt à la rattraper. Il ne supportait pas qu'on revienne sur une parole donnée et elle avait dit "да".

« Tu as compris ce que je veux de toi, n'est-ce-pas petit oiseau ? Ou toi trop bête ?»

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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyJeu 21 Nov - 1:27

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@Ekaterina Kovalski & @Jad Eltanin

EPas de police, pas d'immigration. C'était au moins ça. Par contre, ça voulait aussi dire que l'arrangement à "l'amiable" pourrait être tout aussi illégal que de s'infiltrer dans un bureau pour y subtiliser une montre. Peu de choses étaient pire que de se faire renvoyer en Ukraine où absolument rien ne l'attendait. Pour les critères ukrainiens, elle commençait déjà à se faire un peu vieille pour se marier. Se trouver un emploi avec son éducation casi-inexistante n’était même pas une option à ce stade mais surtout, elle ne voulait pas y retourner. On était bien quand même au sud des États-Unis.

Il se recula enfin mais, à son grand malheur, il le faisait pour fouiller dans sa poche et sortir son téléphone. Il n’avait aucune honte, aucune gêne à la prendre en photo comme ça, sans même lui demander. Elle respirait un peu, mais se disait qu’il gardait son visage en banque au cas où elle décidait de s’enfuir ou de lui casser la gueule, question de faire intervenir la police si elle ne faisait pas ce qu’il lui disait. Elle continua d’éviter son regard, cataloguer tout ce qu’elle pouvait voir, continuer d’habiter son corps, c’était la priorité.

Elle ne lui rendit pas la montre immédiatement. Il avait déjà commencé à lui parler comme si elle était demeurée. Katya garda l’objet dans sa main, prête à le torturer en retour. Il lui posa une question, ne lui laissa même pas le temps de répondre avant d’immédiatement assumer qu’elle ne comprenait rien du tout. Pourtant le serbe avait beaucoup de similitude avec sa langue. Elle prit la montre à deux mains, plissa les yeux. La brune n’était toujours pas particulièrement habile pour lire l’alphabet latin, mais si elle lisait à voix haute, elle pouvait reconnaitre les sonorités.

« Je comprends un petit partie. često c’est euummm… souvent? Et mmmm… ljudi ne dozvoljavaju c’est… les gens heuu… refusent? »


C’était les seuls mots qui se rapprochaient de l’ukrainien et elle manquait absolument tout l’essentiel de la phrase mais voulait prouver qu’elle n’était pas un cochon comme le propriétaire de lieu semblait le croire. D’oiseau à cochon, elle allait passer par tous les animaux disgracieux si elle ne trouvait pas un moyen de s’enfuir bien vite. Katya vit tout de même, sur son visage impassible, une lueur de soulagement. Un sourire en coin impertinent se dessina doucement sur ses lèvres. Elle laissa la chaine de la montre glisser entre ses doigts avant de la déposer dans la main de Jad. Katya était toujours terrifiée, mais d’avoir la main forte sur ce minime instant lui procurait la plus grande satisfaction.

« Україна. Il croit que ça vaut beaucoup parce que c’est des sentiments… »

Elle finit sa phrase en grommelant, en articulant juste assez pour qu’il comprenne qu’elle avait bien compris qu’il tenait beaucoup plus à la montre qu’il voulait le laisser paraitre. Elle se permis même de répondre à sa question en ukrainien, s’il était si doué que ça, il allait bien comprendre. La main ferme sur son épaule fut un sérieux rappel à l’ordre. Elle voulait fondre dans le plancher. Se laisser tomber juste pour éviter ce contact. D’ailleurs, elle ne put empêcher un spasme de parcourir son bras et son épaule, essayant de se défaire de l’emprise du dragon sans succès. Au lieu de la lâcher, il la força à se décoller du mur. Elle perdait son seul appui et devait maintenant se fier uniquement à ses jambes. Elle tourna ses grands yeux de biche effrayée vers le coin de la pièce et un frisson la parcouru des pieds à la tête. Chacun des poils de son corps se redressèrent douloureusement sur son derme. La fenêtre, ses chaussures, les fauteuils, le bureau. Elle recommençait sa valse psychologique pour réussir à marcher vers l’endroit qui lui était désigné. La porte. Il y avait toujours la porte. Elle pourrait s’en aller. Katya se voyait pourtant très mal commencer à dévaler les escaliers avec ces chaussures. Il avait sa photo.

Elle ne se posa pas immédiatement sur la place qui lui était assignée. Elle leva les yeux vers Jad. Incertaine encore de savoir ce qu’il voulait, incertaine de vouloir céder aussi. Il était si difficile à lire. Chaud et froid. Sa déglutition se fit difficile mais, en tournant son regard vers le sol, elle commença à défaire les boutons de son imperméable dévoilant un chemisier bien simple ainsi qu’une jupe assez courte. Elle prit soin de déposer le manteau de façon à ce qu’il ne fasse aucun faux pli, comme elle le faisait chaque fois. Prenant le plus grand soin de tout ce qu’elle possédait. C’était facile, elle avait si peu. Elle prit place avec retenue. Elle pouvait enfin reposer ses pauvres jambes tremblantes. Qu’est-ce qu’il voulait? La baiser sur son bureau pour se prouver qu’il était plus fort qu’elle? La voir pleurer pendant qu’elle le suce? Les possibilités et le sadisme de celle-ci n’avait pas de fin.

« Je… Elle soupire. comprends pas. »

Faire l’innocente, jouer le rôle qu’il lui donnait, c’était probablement ce qu’il y avait de plus simple et ce qui allait lui sauver le cul. Elle avait voulu avoir l'air naïve mais elle avait sifflé sa réponse entre ses dents avec animosité. Elle croisa les chevilles sur le côté, ses bras maintenant dénudés se replièrent contre son ventre. Entre le moment où Katya l’avait défié, celui où elle pouvait rire de lui-même si elle avait l’impression que son corps entier n’était que tremblements et celui-ci, sa posture avait changé. Elle semblait se recroqueviller sur elle-même, elle voulait prendre le moins de place possible dans la pièce. Elle avait terni, appréhendant ce que les prochaines heures aller lui réserver. Elle gardait la tête basse, détournant le regard sur ce précieux coupe-papier qui juchait le sol, juste derrière Jad. Elle avait encore espoir de pouvoir se propulser assez loin pour l’atteindre si les choses tournaient trop mal.

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Message# Sujet: Re: Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad]   Gotta cut my teeth on a diamond chain [Pv. Jad] EmptyLun 25 Nov - 18:12

[quote="Jad Eltanin"]Gotta cut my teeth on a diamond chain @Ekaterina Kovalski & JadÉtait-ce la fierté qui l'avait poussé à surmonter son angoisse ? Ou peut-être avait-il suffisamment blessé son amour propre pour pousser la voleuse à prouver qu'elle n'était pas si ignorante en déchiffrant ces mots. Mais Jad ne confirma ni n'infirma ses tentatives de traduction. Il n'avait aucune envie de lui fournir de réponses.
Il recueillit patiemment l'objet qu'elle fit couler avec lenteur dans sa paume en commençant par la chaîne jusqu'à ce qu'il puisse enfin refermer ses doigts sur la montre.
Lorsqu'elle reprit la parole, elle utilisa un mot slave que Jad n'eut aucune peine à comprendre. Ukrayina. Il comprenait le vieux russe et il s'était adapté à l'évolution des langues au cours des siècles, jusqu'à maîtriser les variétés modernes de la langue slave originale. Du moins, il les maîtrisait à l'époque. Mais dès qu'une langue n'est plus pratiquée, la fluidité de parole s’essouffle avec le temps.
Le dragon n'eut pourtant guère le temps de trop y penser car le grommellement de l'effrontée le coupa dans ses réflexions. Cela n'avait été qu'un murmure étouffé et elle baissait toujours le regard mais derrière la peur, elle semblait... satisfaite d'elle-même. Des senti.. quoi ? Il cilla.

« Non ? »

Il avait répondu sur une tonalité surprise, comme si elle avait énoncé une absurdité aussi énorme que de lui demander si les vaches volaient. Il secoua la tête, vaguement déconcerté. Mais sans s'y appesantir, Jad balaya cet étrange commentaire pour se focaliser sur l'action. Avec attention, il regarda la voleuse obéir à son injonction et rejoindre le canapé en tremblant. Jad était persuadé qu'elle avait parfaitement compris ce qu'il désirait et pourtant, lorsqu'elle se décida à relever enfin ses grands yeux vers lui, il remarqua à quel point ils étaient chargés d'incertitude.

Le ton de sa réponse était loin d'être celui d'une petite proie innocente et naïve. Loin d'un pépiement d'oiseau, son sifflement belliqueux ressemblait davantage à celui d'un chat sauvage. En guise de commentaire, Jad plissa ses lèvres en une moue dubitative. Machinalement, il serra un peu plus fort la montre qu'il tenait toujours en main, avant de la glisser dans sa poche. Il hésita à sortir son téléphone de l'autre poche de son jean pour reprendre des photos. A l'opposé des fenêtres, la luminosité offrait une bien meilleure prise de vue. Néanmoins, sa posture ne la mettait pas en valeur, toute recroquevillée qu'elle était, les épaules rentrées et le visage baissé. A présent, elle paraissait bien moins assurée que le laissaient croire ses sifflements insolents. Il s'approcha d'elle posément, jusqu'à saisir la direction de son regard, vers le bureau. Le coupe-papier ?

« N'y pense même pas. »

Prononça-t-il avant de la rejoindre, pour s'asseoir à ses cotés. Jad ne craignait pas le froid mais il portait un pull à col roulé, de rigueur pour la saison. Néanmoins, si ce petit oiseau frissonnait dans sa tenue légère, ce n'était sûrement pas à cause de la température.

« Tu n'aimes pas qu'on dise que tu es bête, n'est-ce-pas ? Alors, ne fais pas semblant de l'être maintenant. »

Il s'attachait aux choix de ses mots avec la même patience. Installé avec aisance, le bras posé sur le haut du canapé, il s'était assis très proche d'elle, même si leurs corps ne se frôlaient pas. Jad essaya d'employer ses vagues souvenirs de la langue ukrainienne. Selon ses estimations, il ne l'avait plus réellement pratiquée depuis le soulèvement des cosaques d'Ukraine contre l'armée polonaise.  

« Я знаю Україну, але ... я багато чого забув. »

Je connais Ukraine mais... j'ai oublié beaucoup. Avait-il dit, littéralement. Mais les mots ne lui venaient pas naturellement, il mélangeait les déclinaisons, confondait avec d'autres langues similaires et au final, seuls les mots les plus simples lui revenaient. Il haussa les épaules.

« Si tu es Ukrainienne, tu devrais comprendre parfaitement le russe. Il n'y a que les paysans ou ceux qui n'ont pas été à l'école qui sont comme toi. »

Jad n'avait pas spécialement l'intention d'être insultant, sa remarque se voulait neutre. Pourtant, il se rendit compte juste après l'avoir prononcée à quel point il était blessant avec cette fille déjà terrorisée. Doucement, il tendit la main pour redresser le menton de la voleuse, d'une légère impulsion de son index avant de laisser retomber son bras.

« Regarde-moi. Tu n'avais pas l'air si timide il y a un instant. »

Faisait-elle semblant ? Il n'arrivait pas à s'en convaincre, son angoisse paraissait tout à fait authentique. C'était l'une des choses qui la rendait intéressante à ses yeux : son authenticité. Il inclina la tête, tout en la contemplant froidement.

« Je t'ai dit pas de police. Je t'ai dit qu'il n'y aurait pas de violence entre nous. Et en plus, tu crois que je suis un... hum. Sentimental. Alors, tu n'as pas de raison de trembler comme une feuille dans le vent. Ou comme un petit oiseau frileux. »

Il haussa un sourcil moqueur avant de retrouver son impassibilité. Le dragon sembla réfléchir quelques instants tout en attardant son regard sur elle, sur son visage, sur sa tenue, sur ses contours. Puis, sur le même ton neutre, il reprit.

« Redresse un peu tes épaules, dégage tes bras, que je vois mieux de quoi tu as l'air. » Il posa son regard sur sa gorge, puis ajouta. « Ouvre ton chemisier. »
Ses demandes n'étaient pas sèches mais bien qu'il fasse toujours l'effort de parler lentement, il ne démontrait aucune sensibilité dans son ton. 
« Tu te trompes, "Miss je-sais-tout". Je ne suis pas ce genre de gars. Dis-moi ton nom. »

Un sentimental ? Un pervers ? Il la laissa dans l'incertitude.


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